Liban : Un député de l’opposition probable Premier ministre

Deux semaines après la démission du gouvernement de Najib Mikati,au sein duquel le Hezbollah pro-syrien et ses alliés étaient très influents, Tammam Salam, soutenu par Washington et Riyad est en passe d’être désigné Premier ministre au Liban.

Le choix qui s’est porté sur Tammam Salam, connu pour être une personnalité modérée, est intervenu au moment où la démission du gouvernement  a provoqué des craintes d’une déstabilisation du Liban, déjà fragilisé par la guerre en Syrie voisine.

Un homme de consensus

Député de Beyrouth âgé de 67 ans, il a d’ores et déjà reçu le soutien de la majorité des groupes parlementaires, dont celui de l’opposition et ceux des alliés du puissant Hezbollah chiite. Ce dernier ne s’est pas encore prononcé publiquement mais, selon les médias, il devrait appuyer sa candidature.

La  candidature de Tammam Salam est considérée par les forces politiques comme une occasion de jeter les ponts entre le camp du Hezbollah, allié indéfectible de Damas, et l’opposition dirigée par Saad Hariri, farouchement hostile au régime de Bachar el-Assad et à l’arsenal du parti chiite.

Un dosage subtil

En vertu du système politique libanais basé sur un partage du pouvoir à base confessionnelle, le poste de président de la République est attribué à un chrétien maronite, celui de Premier ministre à un musulman sunnite et celui du chef du Parlement à un musulman chiite.

L’homme des Saoudiens ?

Au sein de l’opposition, Tammam Salam est considéré comme une voix modérée en comparaison des “faucons” farouchement hostiles au Hezbollah et à son arsenal.

“M. Salam est la voix de la modération. Il n’a jamais dit un mot de mal contre la résistance »estime Walid Joumblatt, leader druze dont la position “centriste” fait de lui un “faiseur de rois” dans la politique libanaise. D’après les experts et les médias, c’est l’Arabie saoudite, poids lourd au Liban, qui a poussé en faveur du député de Beyrouth.

Le futur gouvernement fera l’objet d’intenses tractations, des responsables se prononçant pour un gouvernement d’union nationale. “Je serai opposé à tout gouvernement monochrome”, a prévenu Walid Joumblatt. Le futur gouvernement doit gérer les prochaines législatives, prévues en juin mais menacées de report faute d’accord sur une nouvelle loi électorale.

Tammam Salam, qui appartient à l’une des grandes familles politiques du Liban, est le fils de Saëb Salam, qui a été six fois Premier ministre entre 1952 et 1973. Il a été élu député de Beyrouth en 1996 et en 2009 sur les listes de Rafic Hariri (assassiné en 2005), puis celle de son fils Saad Hariri. Il a fait des études d’économie et de gestion en Angleterre et est marié et père de trois enfants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here