Faut-t-il prendre au sérieux la menace nord-coréenne ?

Stupeur et vent de panique : le leader nord-coréen, Kim Jong-un, vient d’ ordonner des préparatifs en vue de frappes de missiles vers le continent américain et les bases des Etats-Unis dans le Pacifique. L’exécutif américain a indiqué prendre  au sérieux les annonces de la Corée du Nord, tout en observant que les rodomontades de Pyongyang n’avaient rien d’inhabituelles.

Récapitulons : le 12 février, la Corée du Nord procédait à son troisième essai nucléaire, d’une puissance bien supérieure aux deux précédents (en 2006 et en 2009). Elle avait auparavant, le 12 décembre, réussi le lancement d’une fusée Unha-3 destinée, selon le régime, à mettre  en orbite un satellite civil d’observation terrestre, mais qu’une partie de la communauté internationale considère comme un nouvel essai de missile balistique à longue portée.

Arsenal impressionnant de missiles

Selon le quotidien parisien Le Monde,   Pyongyang dispose d’une gamme importante de missiles à courte, moyenne et longue portées. On estime à environ six cent le nombre de missiles Hwasong-5 et 6 déployés, auxquels il faut ajouter un nombre substantiel, mais indéterminé, de missiles en réserve.

Terroriser la population des grandes villes

Néanmoins, les experts occidentaux en basilique le estiment  que « l’utilité militaire de l’arsenal de missiles équipés d’armes conventionnelles serait très limitée, en raison de la très faible précision de ces engins ». Les missiles Hwasong-5 et 6 sont en effet peu précis : ils ont une marge d’erreur, de respectivement 1 000 mètres et plus de 1 500 mètres, ce qui signifie que seuls 50 % des missiles envoyés contre une cible précise tomberont à moins de 1 000 mètres de ladite cible.

Ainsi, ces missiles armés de têtes conventionnelles, qui peuvent en théorie frapper les bases américaines en Corée du Sud ou au Japon, serviraient plutôt à terroriser  la population  des grandes villes coréennes ou japonaises.

Cependant, il faudra encore des années à la Corée du Nord avant de disposer d’un arsenal de missiles intercontinentaux. « Il y a un fossé énorme entre être en mesure de faire fonctionner un système une fois et avoir un système qui est suffisamment fiable pour être militairement utile », a déclaré un expert.

Le programme de missiles à longue portée (supérieure à 5 500 kilomètres) a connu de nombreux échecs jusqu’au premier tir réussi de décembre, et la Corée du Nord ne disposerait pas encore de la technique pour  des ogives nucléaires miniaturisées. Dernier point, et non des moindres, il lui faudrait développer un système de guidage très précis qui lui fait encore défaut.

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