Enjeux

Querelle de chiffres, escalade verbale, … Insidieusement, le doute et la suspicion s’installent chez une large frange de nos concitoyens, peu convaincus de la fiabilité des statistiques officielles quand ils ne les dénoncent pas ouvertement.

Hier, l’annonce de 100.000 postes d’emplois créés en 2012 faisait sourire jusqu’aux mieux intentionnés à l’égard du gouvernement. Aujourd’hui, les déclarations au sujet du taux de croissance du PIB (3,6%), du niveau de l’inflation (5,8%) ou du déficit budgétaire, près de 6%, suscitent sinon la réprobation et l’indignation, du moins de sérieuses réserves des économistes patentés et non des moindres.

La lettre d’intention adressée au FMI, portant des indications légèrement décalées, a obscurci le débat et pesé davantage sur ce climat délétère qui n’augure rien de bon, si on n’y met pas fin le plus rapidement possible.

Pourtant, il n’y a pas lieu de croire à une quelconque manipulation des chiffres, présentés simplement sous des prismes différents et à des instants décalés. On comprend que dans ce cas, les seconds sont plus précis et mieux affinés que les premiers.

Au fil des semaines, il s’est tissé tout un faisceau- au mieux- de malentendus, qui ont fini par ôter aux gouvernants beaucoup de leur crédibilité, même si au fond, il n’y a pas lieu de douter de leur bonne foi. Le divorce est bien réel, car les individus jugeraient moins les faits et les données que la perception de la réalité, et celle-ci est loin d’être au beau fixe, elle est même franchement entamée, sans doute à cause de maladresses et d’un défaut de communication. A chaque fois, le poids des mots est vite contredit par le choc de la réalité.

Il faut mettre fin à cette situation, avant qu’elle ne dégénère et qu’elle ne devienne, à son tour, explosive. Il n’y a de pire danger que celui né de cette fracture entre le pays légal et le pays réel. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons du soulèvement du 17 décembre -14 janvier 2011.

De cette cassure, il ne sort rien de bon, sinon une grave crise de confiance qui plombe l’économie et condamne au déclin et à la décrépitude nos acquis sociaux et politiques.

Il n’y a aucune fatalité à se laisser entraîner sur ce chemin de travers et de discordes. Les autorités peuvent et doivent casser au plus vite les ressorts de cette suspicion et retrouver les vrais sentiers de la confiance, facteur clé pour redresser l’économie et donner plus de chair et de crédibilité au processus de transition démocratique.

Le nouveau chef du gouvernement, Ali Laârayedh, peut provoquer ce choc de confiance pour redonner l’envie aux Tunisiens d’entreprendre, d’investir, de produire, de consommer et de s’impliquer dans l’œuvre de reconstruction nationale. Il en a même l’obligation, s’il veut s’assurer d’une quelconque chance de réussite. Il est, de ce fait, confronté à un triple enjeu : vérité, vision et autorité.

Retrouvez la suite de l’article dans les colonnes du nouveau numéro du magazine de l’Economiste Maghrébin.

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