Que savons-nous au juste sur l’autisme ?

Autisme, un terme qui reste vague dans nos esprits et qui suscite encore tant d’interrogations. Pourtant il s’agit d’un désordre neurologique qui regroupe un ensemble de troubles dits du spectre autistique (TSA). Affectant le développement de l’enfant, il s’exprime essentiellement par une carence relationnelle, de communication et d’interaction avec l’environnement social. La sévérité des symptômes et le handicap dont il en découle sont variables. De ce fait, le diagnostic peut se faire devant des signes évidents avant l’âge de 3 ans ou beaucoup plus tard à l’âge adulte dans les formes moins invalidantes.

Trois critères doivent être réunis pour faire le diagnostic. On note l’altération qualitative des interactions sociales : visage et regard peu expressifs, absence d’échanges, isolement social , ignorance des autres,  liens sociaux faibles ; l’altération qualitative de la communication verbale et non-verbale : langage absent ou perturbé ( répétitions , erreurs syntaxiques, lexicales)  absence de contact oculaire , langage gestuel presque inexistant.

S’ajoute le caractère restreint répétitif et stéréotypé  du comportement, des activités et des intérêts de la personne autiste :balancement de la tête ou du tronc, mouvements des mains (marionnettes, battement d’ailes..), jeux répétitifs (faire tourner les objets ou les aligner), « bizarreries»( flairer, lécher, émiettement d’objets, regard périphérique, intérêt pour les détails, rituels, phobies d’objets familiers..), l’ obsession pour des informations accumulées de façon machinale (dates, calcul mental…)

C’est une maladie qui n’a pas encore révélé  tous ses secrets. Cependant, la recherche scientifique s’intensifie depuis peu, offrant de jour en jour de plus grandes avancées.

En 2010 les  chercheurs de l’Autism Genome Project ont découvert qu’une variabilité du nombre de copies de petits fragments d’ADN chez les personnes autistes serait en cause dans la genèse de la maladie. L’étude a également permis d’identifier de nouveaux gènes et processus biologiques. Ainsi depuis cette étude, la meilleure connaissance de la composante génétique de la maladie a ouvert de nouvelles voies qu’il s’agisse de diagnostic ou de traitement.

Plus récemment, en 2013,  dans le cadre de l’étude IBIS (Infant Brain Imaging Study) menée par un réseau d’établissements spécialisés dont l’University of North Carolina (UNC), l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, la Washington University, l’Université de Washington à Seattle, l’Université de l’Utah à Salt Lake City,  l’Institut neurologique de Montréal de l’Université McGill et de l’Université de l’Alberta, des scientifiques ont pu mettre au point un moyen facile pour détecter précocement  la maladie.

Cette étude a montré que chez des nourrissons de 7 mois, une lenteur d’orientation du regard et d’attention d’un objet à l’autre est révélatrice d’un TSA émergent. Les scientifiques ont également découvert que ces signes étaient associés à un déficit d’un circuit neuronal au niveau du cerveau qu’ils ont identifié par imagerie médicale « Ce sont des signes subtils, mais manifestes, avant l’apparition de la maladie », explique le Pr Jed T. Elison, auteur principal de l’étude.

Outre l’aspect « médical », l’autisme est un vécu de solitude et d’incompréhension. D’après Geneviève François, psychologue clinicienne et psychothérapeute auteur du livre « L’autisme en questions »,  l’autisme est sans doute «  la manifestation visible d’une souffrance intérieure insurmontable »

Pourquoi une souffrance ? Car la perception de la personne autiste n’est pas la nôtre ni sa logique d’ailleurs .Le monde extérieur est perçu « en pièces détachées », sans lien précis entre elles. Elle se trouve immergée dans un environnement aux contours flous lequel est source de peurs intenses voire de phobie. Ainsi la peur constante de l’inconnu l’incite à se réfugier dans des comportements jugés inadaptés selon nos critères …

 

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