Des diagnostics et des bonnes intentions… Encore faut-il transformer l’essai

Les deux ans de la révolution tunisienne ont été pour le moins difficiles pour le tourisme tunisien qui affronte tant bien que mal une conjoncture faite d’instabilité politique et sociale et qui peine à reprendre souffle.

La conjoncture touristique actuelle et les préparatifs de la haute et de l’arrière saison touristique 2013,  ainsi que la propreté des stations et la qualité des services ont été au centre d’une séance de travail tenue ce matin par Jamel Gamra, ministre du Tourisme avec  es commissaires régionaux du tourisme. Des exposés exhaustifs sur la situation prévalant dans les régions ont été examinés au cours de cette séance.

Lors de cette réunion, il y a eu lieu de rappeler qu’ au cours de la période allant du 1 janvier au 20 mars 2013, le secteur touristique a  accusé  une baisse de 1,8 % au niveau des entrées touristiques par rapport à la même période de 2012 passant de 781 000 touristes en 2012 à 767 000 touristes en 2013. Pour la même période le secteur a généré des recettes de l’ordre de 413 millions de dinars soit l’équivalent de 199 millions d’Euros.

S’agissant de la propreté et la qualité de l’environnement les commissaires ont été invités à coordonner les efforts avec toutes les parties concernées en vue de conférer à cette action toutes les conditions d’efficacité et de succès.

A ce propos le ministre du Tourisme a précisé  qu’il a été convenu avec le ministère de l’Intérieur de mettre en place des cellules conjointes dans toutes les régions touristiques chargées du suivi de ce dossier ajoutant par ailleurs  que l’effort sera porté en direction de l’amélioration des conditions d’accueil dans les aéroports et les postes frontaliers.

Quant à la qualité des services et au terme d’un débat portant sur la situation qui prévaut dans toutes les zones le ministre a insisté sur une implication davantage effective des professionnels du secteur  en vue de répondre au mieux aux attentes des touristes.

La sécurité et à la promotion de l’offre touristique tunisienne surtout en direction des marchés traditionnels et des  marchés prometteurs et à fort potentiel émetteur pour la Tunisie, étaient également parmi les sujets débattus lors de cette réunion.

A ce titre, le ministre a mis l’accent sur  la mise en valeur des potentialités régionales comme axe essentiel ajoutant que chaque région, en fonction de ses spécificités est appelée à l’avenir de s’ériger en une destination à part entière à même d’enrichir la composante balnéaire.

Jamel Gamra a par ailleurs souligné la nécessité pour le secteur touristique d’amorcer un remodelage structurel pour développer d’autres produits autres que l’hôtellerie permettant ainsi au secteur de rompre avec l’unique composante hôtelière pour s’inscrire dans une logique de diversification pérenne et durable privilégiant l’hospitalité, l’artisanat, la culture et l’animation…

Plusieurs  problèmes auxquels fait face le secteur, ont été évoqués lors de ce débat et notamment les problèmes de pollution et d’érosion maritime, le recul des investissements notamment aux niveau des projets innovants, le manque d’animation dans les régions et le manque de moyens matériels et humains au niveau des commissariats du tourisme.

Au terme de ce débat, le ministre du tourisme a,  exhorté les commissaires régionaux à engager un partenariat étroit et effectif avec la profession en vue d’assurer un climat social sain , de sauvegarder les emplois et de faire de la qualité des prestations une préoccupation quotidienne particulièrement pour ce qui est des conditions d’hygiène et de la sécurité .

Il a en outre annoncé le démarrage, à partir de jeudi prochain d’un cycle de visites dans toutes les régions touristiques qui seront  des occasions pour la mise en route de mesures concrètes et immédiatement opérationnelles en vue d’assurer le meilleur déroulement de la saison.

A vrai dire, tous les ministres qui ont défilé à la tête du ministère du Tourisme, avaient tous diagnostiqué, promis et tracé des stratégies pour le développement du produit touristique tunisien et la promotion des régions…sauf que toutes les promesses faites n’ont jamais donné suite.

Le tourisme peine toujours à faire sortir la tête de l’eau…la propreté dont on parle, n’est présente que dans les beaux discours des responsables et les montagnes d’ordures continent à étouffer le pays, et la qualité des services laisse toujours à désirer faute de vraies stratégies qui régularisent le secteur, résolvent le problème de la précarité des emplois et la saisonnalité des contrats  des agents du secteur….

Des diagnostics et des bonnes intentions, il y en a donc … Encore faut-il  transformer  l’essai.

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