Semaine du 25 au 29 mars 2013

Les banques à la chasse des dépôts ?

Après un mois de février difficile, le TUNINDEX a repris 1,94% durant le mois de mars. Il s’est rapproché de son plus haut annuel, mais une série de prises de bénéfice l’a empêché de le toucher. Il clôture, ainsi, le premier trimestre- qui a connu 60 jours de cotation- sur une note positive de 3,19%. En outre, le volume des transactions s’est nettement amélioré, bien qu’il soit concentré sur quelques valeurs. Nous pensons que la Place de Tunis connaîtrait durant le mois d’avril une dynamique importante, avec une nouvelle amélioration des volumes des échanges généralisée à l’ensemble du marché, avec pour catalyseurs la publication des états financiers 2012 et les premiers indicateurs d’activité 2013. Une avancée au niveau de la nouvelle constitution donnerait une bouffée d’oxygène aux acteurs du marché et augmenterait la confiance dans le futur du pays.

La fin du mois de mars a également connu la décision de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) de relever son taux d’intérêt directeur de 25 points de base pour le porter à 4% et de mettre en place une série de mesures pour promouvoir l’épargne et dynamiser davantage l’activité du marché monétaire, avec le déplafonnement du taux de rémunération des dépôts à terme, le relèvement du taux minimum de rémunération de l’épargne et l’introduction de plus de souplesse dans l’attribution des crédits à la consommation. Ces différentes décisions auront un impact important sur les banques, puisque le modèle économique de nos banques est parfaitement classique, en jouant principalement le rôle de la création de monnaie. Selon les estimations du bureau de recherche AlphaMena, les intérêts nets constitueraient en moyenne 50,1% du PNB consolidé des établissements bancaires de la place en 2013, ce qui leur permettrait d’augmenter leurs revenus et, in fine, leurs profits. Plus important encore, l’amélioration du niveau des dépôts dans les banques allégerait leur appel au marché interbancaire et faciliterait le recours au marché financier pour lever des fonds, notamment via les dettes obligataires.

Mais d’un autre côté, le déplafonnement de la rémunération des dépôts accentuerait la guerre de collecte de dépôts entre les différents établissements qui ne disposent pas tous des mêmes armes. La taille du réseau et la qualité du portefeuille créances seraient, à notre avis, les deux facteurs déterminants de la capacité de chaque établissement à attirer un flux de dépôts. La question du coût de la liquidité sera un thème central. Pour engranger des liquidités, les banques sont donc obligées de payer plus que le taux sans risque, ce qui mettrait en question la rentabilité des banques. Un document destiné au Fonds Monétaire International, adressé par le Ministère des Finances et la BCT a filtré cette semaine, témoignant de la détermination des autorités tunisiennes à mettre en place, progressivement, des normes prudentielles plus strictes qui obligeraient les banques à améliorer leurs ratios de fonds propres. Déjà, et toujours selon AlphaMena, le ratio Crédits/Dépôts se situerait à 110,8% en moyenne fin 2013, ce qui n’est pas tout à fait rassurant.

Par ailleurs, il se peut que certains investisseurs soient amenés à préférer des produits de taux aux actions, surtout dans le contexte actuel. Bien que cela pourrait diminuer la liquidité du marché actions, nous restons certains que les opportunités de performance qui viendrait d’un placement en actions, soit directement soit via les fonds communs de placement, seraient toujours plus importantes par rapport à un dépôt bancaire. Une pause de réflexion est probable à court terme, mais il ne faut pas oublier que la Bourse est une course d’obstacles.

Actualité

ADWYA, communiqué de presse

Dans un communiqué de presse publié vendredi 29 mars 2013, ADWYA a informé ses actionnaires que son chiffre d’affaires 2012 s’est amélioré de 22% à 67,000 MDT. Selon le management, cette évolution provient principalement d’une croissance accélérée des produits génériques, qui ont enregistré une augmentation de 37,4% à fin décembre 2012. Toutefois, le communiqué signale qu’en dépit de cette croissance importante des produits génériques, la situation des produits fabriqués sous-licence, représentant 60% du chiffre d’affaires de la société, devient préoccupante en raison de l’augmentation des charges salariales et des charges d’exploitation, ainsi que de la perte de change constatée durant les trois dernières années. Ces facteurs ont sensiblement réduit la marge globale de la société et risqueraient, de pénaliser de plus en plus la rentabilité de l’activité sous-licence. A ce titre, des négociations approfondies ont été entamées depuis le premier semestre 2012 avec certains partenaires de la société, à l’effet de revoir les conditions et modalités inhérentes à la fabrication sous-licence, en vue d’assurer un meilleur équilibre financier et d’améliorer la rentabilité globale de l’entreprise. Ces négociations n’ont pas encore abouti.

 Modern Leasing, renouvellement du contrat de liquidité

Suite à l’arrivé à échéance de l’ancien contrat de liquidité, Modern Leasing mettra en œuvre à compter du 01/04/2013 un nouveau contrat, afin d’assurer la liquidité des actions « Modern Leasing » et la régularité de leur cotation. Ledit contrat est composé de 143 798 actions et de 277 720 dinars de liquidité.

SOMOCER, franchissement de seuil à la baisse

Le conseil d’administration de la société SOMOCER a porté à la connaissance de ses actionnaires et du public que M. Mohamed Driss ainsi que les sociétés SODEXA et STDEA, qui étaient actionnaires dans la société SOMOCER à travers des conventions de portage, ont cédé, en date du 26 mars 2013, à la société Ab Corporation en tant que cessionnaire, la totalité des actions SOMOCER qu’ils détenaient, soit 1 211 024 titres.

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