Dans le Hacklab du Forum Social Mondial 2013, le combat pour un internet libre, neutre et sans censure

Dans le #Hacklab du FSM2013 au campus Al Manar, dans l’après-midi du 28 mars, Mathieu présente les dernières nouveautés du domaine des logiciels libres à une audience composée d’une vingtaine de jeunes. La lumière de la salle est tamisée et tous les regards sont rivés sur le jeune informaticien français. Les gestes  prestes et les yeux brillants, Mathieu semble habitué aux présentations et aux démonstrations. Il est en effet enseignant d’informatique. Sa spécialité est l’administration des réseaux, mais sa passion est “le logiciel libre”. Le logiciel libre n’est pas uniquement un logiciel dont l’utilisation et la duplication en vue de sa diffusion sont, techniquement et légalement, permises, mais c’est toute une philosophie; celle du partage et de la liberté, les deux principes fondateurs de l’alter mondialisme. Mathieu n’aime pas le terme de l’internet alternatif, mais il aspire à un internet moins commercial, où les grosses boites du web auraient moins d’emprise et de pouvoir. Venu à Tunis spécialement pour le Forum Social Mondial, le jeune hacker se dit ravi d’avoir rencontré des gens “très motivés et très doués”.  “Le forum est un moment d’échange, une occasion pour donner et recevoir!” avoue-t-il, tout en assurant avoir beaucoup appris de son audience : des  Français, des Italiens, des Brésiliens, des Palestiniens ou encore des Tunisiens, comme Azza.

Juriste de formation, la jeune tunisienne se passionne pour la programmation et les rouages des algorithmes et des datas. Ne trouvant aucun inconvénient à concilier les deux vocations, la jeune geek fait même partie du Hackerspace TN : un collectif composé d’une vingtaine de jeunes tunisiens âgés de 15 à 30 ans, réunis autour du même idéal “d’un internet libre, neutre et sans censure”. Avant de participer au Forum Social Mondial, le collectif a déjà à son actif plusieurs autres actions, dont Azza est particulièrement fière. Hackerspace TN s’est en effet allié au collectif OpenGov et leur a assuré la mise en place du site web et de la plateforme sociale. Pour elle, le FSM2013 est certes une occasion de rencontrer des amis venus des quatre coins du monde, mais c’est surtout une opportunité pour promouvoir maints concepts encore sous-développés en Tunisie. La sécurité par exemple, un atout dont plusieurs internautes ignorent l’importance, et qui pourrait même s’avérer vitale pour certains professionnels de l’information comme les journalistes. Azza aspire également à voir développé le concept de l’identité numérique, du commerce électronique ou encore des droits d’auteurs. Pour y parvenir, elle estime qu’il faudrait d’abord asseoir un cadre juridique et légal propre à la toile et que ce cadre soit convenable et non-contraignant. La juriste s’oppose de ce fait à la constitutionnalisation de la propriété intellectuelle. « Nous sommes toutefois pour des droits d’auteur qui soient encourageants et favorisent la diffusion et la propagation du savoir », conclut-elle, sur un ton déterminé.

 

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Publié le 01/04/2013 à 10:57

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