Potion amère pour Chypre

Les dirigeants de l’Union européenne, de la BCE et du FMI ont mis la pression sur le président chypriote pour qu’il accepte leur plan de sauvetage .Après avoir menacé de démissionner, le président chypriote, Nicos Anastasiades, a fini par abdiquer.

Les banques et les clients payent « la casse » 

Rappel des faits : contrairement au premier plan rejeté par Chypre il y a une semaine, il n’est plus question d’imposer une taxe de 6 à 10 % sur chaque compte bancaire du pays. En revanche, les deux plus grandes banques seront restructurées. La première, Bank of Cyprus, va reprendre les actifs sains de la deuxième, Laiki, qui va disparaître. Cela ne se fera pas sans casse : les clients de ces deux établissements, avec plus de 100 000 euros sur leur compte, perdront autour de 40 % de leur épargne.

Le processus sera long, l’économie du pays en sera durement affectée. Mais cela devrait ramener les six milliards d’euros dont Chypre a besoin en plus des dix milliards prêtés par l’Union européenne et le FMI. En contrepartie, l’impôt sur les sociétés passera de 10 à 12,5 %. On saura  aujourd’hui,lundi 26 mars quand les banques du pays rouvriront leurs portes. Des restrictions des mouvements de capitaux sont prévues afin d’éviter un retrait massif des dépôts par des épargnants.

La peste ou le cholera

« C’est le meilleur plan qu’on pouvait obtenir en l’état, car il se concentre sur les deux banques à problèmes au lieu de toucher tous les établissements », plaide Christine Lagarde, directrice générale du FMI, en faisant allusion à la taxe sur tous les comptes bancaires du pays, quelle que soit la banque, qui a été vigoureusement rejetée par le gouvernement et par la population. Mais ce plan n’en aura pas moins de lourdes conséquences pour les Chypriotes.

Economie « casino »

En arrivant à  Nicosie, le ministre français des Finances a annoncé clairement son intention d’en « finir avec l’économie casino » du paradis fiscal chypriote, avec ses banques peu regardantes sur l’origine des fonds.

 C’est fait : plus personne n’aura confiance avant longtemps dans les banques de l’île, pas même les Chypriotes. L’exemple des avoirs gelés en Argentine il y a douze ans montre que les clients des banques ont mis des mois, voire des années, à récupérer une partie de leur argent. Aujourd’hui encore, ils privilégient souvent les banques étrangères et les comptes en dollars.

 Dans la nuit de dimanche à lundi, Olli Rehn, le vice-président de la Commission chargé de l’euro, n’a pas caché ce qui attend les Chypriotes : du sang, de la sueur et des larmes. « Il est clair que le futur proche sera très difficile. Nous soutiendrons les plus fragiles et nous aiderons à reconstruire l’économie de ce pays qui reste dans la famille européenne. » A-t-il affirmé.

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