Ahmed El Karm dévoile la bonne recette du développement régional

  • L’Amen Bank est disposée à participer à un fonds d’investissement pour la région du Jérid

Invité par l’association «  Les amis du Jérid », à l’occasion de la tenue de son premier forum international organisé à Tozeur du 21 au 24 mars 2013, Ahmed El Karm, vice-président et directeur général d’Amen Bank, est parti en quête d’une nouvelle approche du développement régional, et ce, dans le cadre d’un panel sur le thème : « Vers une nouvelle approche du développement régional ».

Évoquant le financement du développement régional, le directeur général d’Amen Bank s’est interrogé sur les axes et les options permettant de concevoir une nouvelle approche, voire une nouvelle recette pour le développement régional si l’on veut que cette problématique  soit considérée comme étant une priorité nationale.

A l’avenir, le développement régional, ce problème sempiternel de tous les gouvernements, doit être, selon M. El Karm, fondé sur un certain nombre d’ingrédients. Pour lui, il n’est plus aujourd’hui question d’imposer des stratégies de développement régional depuis le Centre.

Désormais, tout se joue au niveau des régions : « Les choix économiques, sociaux et culturels dans les régions devraient naître des régions intérieures elles-mêmes », précise-t-il. Pour lui, les régions sont les vrais centres du pouvoir. C’est l’approche centrale du développement régional de demain parce que ces stratégies doivent être accompagnées d’une volonté d’intégrer les répercussions sociales comme l’emploi et l’environnement.

Toute stratégie de développement régional doit, selon le directeur général d’Amen Bank, prendre en considération tous les avantages compétitifs de chaque région  et se concentrer sur ce qui y existe.

Pour convertir ces stratégies en projets, il faut également  mettre au point une stratégie de partenariat public-privé. Toutefois, l’Etat doit accorder des privilèges à chaque région et le secteur privé devrait être à même de créer des projets.   « La région doit construire son avenir et être en mesure de répondre aux exigences en matière de qualité et de compétences  pour attirer des investisseurs locaux et étrangers », renchérit Ahmed El Karm.

Pour une région comme le Jérid, spécialisée dans la culture des dattes, il propose de créer des « Market Makers » et de moderniser le secteur. Cette approche est applicable à toutes les régions du pays.

Pour le secteur touristique, le directeur général d’Amen Bank a insisté sur la nécessité de tirer les enseignements des « mauvaises expériences ».

S’agissant des potentialités et d’opportunités d’investissement, le directeur général d’Amen Bank n’a pas manqué de citer le secteur de la santé. Le coût abordable des services de santé, l’existence de l’infrastructure et le bon climat en Tunisie encouragent à créer  des zones de santé réservées à la création de laboratoires et cliniques.

De plus, les énergies renouvelables pourraient être incluses dans la machine pour faire fonctionner le développement régional. Ahmed El Karm a insisté sur l’importance de la transformation du soleil en énergie.

Il est évident que l’argent est toujours considéré comme étant le nerf de la guerre. Le banquier a reconnu les défaillances au niveau du financement des PME : « Le secteur bancaire ne remplit pas pleinement son rôle. Le problème des jeunes promoteurs est lié aux fonds propres et aux garanties exigées par les banques », a-t-il reconnu. Pour faire face à ces problèmes, le directeur général d’Amen Bank  propose, entre autres, d’encourager la création d’un fonds d’investissement car le financement ne doit pas resté l’exclusivité des banques. « Il faut créer un fonds d’investissement pour financer des projets au Jérid. L’Amen Bank est disposée à y participer», a-t-il annoncé.

En dernière analyse, rien ne va sans la transparence et la bonne gouvernance. C’est pourquoi,  M. El Karm a insisté sur l’importance de bien choisir ceux qui vont gérer le fonds qu’il propose de créer. « C’est la pierre angulaire », dit-il.

Voilà bien une occasion de lancer un grand débat national autour du développement régional parce que quand l’eau ne coule plus du robinet, c’est qu’il est temps de refaire la tuyauterie.

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