La SONEDE tire la sonnette d’alarme

© tuniscope.com

La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) a organisé, le 22 Mars, une conférence de presse  à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau.

La SONEDE ne se porte pas bien, selon le dossier de presse, confirmé par la communication de M. Hédi Belhadj, PDG de la SONEDE.

En effet, la situation financière de la société est préoccupante. Le déficit a atteint en 2012 22 MD. Ce qui se répercute sur la bonne marche de la société qui ne pourra plus continuer à produire et distribuer de l’eau potable sur le territoire tunisien comme auparavant, également sur les clients qui seront exposés à des services de mauvaise qualité : pannes et coupures courantes d’eau, dégradation de la qualité de l’eau distribuée.

Les augmentations prévues par la société sur les factures d’eau étaient au cœur du débat, ce à quoi M. Belhaj a considéré qu’elles sont justifiées si la SONEDE veut survivre et atteindre un équilibre budgétaire prévu pour 2016. Le PDG a notamment confirmé que la SONEDE ne cherche pas le profit, d’ailleurs elle ‘’ ne vend pas l’eau « don du ciel » mais le coût d’approvisionnement en eau’’. En outre, il  a dressé un bilan des différents  projets entrepris par la société pour faire face à la pénurie, rappelant les coupures d’eau qui ont eu lieu l’été 2012.

M. Belhaj a déclaré que la SONEDE est endettée auprès de l’Etat et des établissements publics. Le montant de cette dette s’élève, jusqu’au du deuxième trimestre 2012,  à 44,6 MD. En outre, elle n’est pas subventionnée par l’Etat et se trouve obligée de solliciter des prêts auprès de la Banque mondiale  et de l’AFD pour pouvoir suivre ses missions.

Malgré un résultat net négatif, il ya lieu de constater d’après les chiffres fournis par la SONEDE que ce déficit a montré une tendance baissière depuis 2009 où il a atteint un pic de -52 MD pour redescendre à -22 MD en 2012.

Il a aussi constaté que le niveau élevé de l’endettement de l’entreprise est en partie la responsabilité du citoyen qui ne règle pas à temps ses factures.

Chaouachi Abdallah, Directeur Central des Achats à la SONEDE

L’Economiste maghrébin : La SONEDE étant une entreprise, comment estimez -vous vos campagnes de sensibilisation du point de vue efficacité ?

M. C. Abdallah : « Sur le plan efficacité, il faut encore plus d’efforts. La SONEDE a entrepris des campagnes sur le territoire. Nous avons participé à des débats et essayé de passer des messages concernant la rareté de l’eau. 80% des quantités fournies vont dans les réseaux de distribution, les autres 20% sont des pertes inévitables. Donc, il faut ‘’ forcer ‘’ le  consommateur à réduire sa consommation. On peut faire cela en installant une robinetterie qui permette une utilisation rationnelle de l’eau. La SONEDE a déjà diagnostiqué des systèmes d’approvisionnement d’eau sous forme de projets  avec des bureaux d’études. Par exemple, dans un foyer universitaire, on a diagnostiqué le système d’approvisionnement, détecté les points de plus forte consommation et de fuites. Ensuite, on a divisé en sections les réseaux, à chaque réseau un compteur. Finalement, on compare les consommations de jour par rapport à la nuit. Si le débit d’écoulement est non négligeable c’est qu’il y a fuite et donc réparation ou changement d’installations.

On encourage notamment les nouvelles technologies mais on ne peut pas les importer ou les fabriquer vu le coût de la charge supplémentaire.

Un autre projet est conduit à Nabeul, dans des restaurants  où on a utilisé des réducteurs de pression pour gérer la quantité d’eau utilisée : un gain de 20 à 30% est enregistré par rapport à la normale. On a même utilisé des réducteurs de pression de 2 bars et 5 bars sur les réseaux à  forte pression « .

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here