Selon l’entreprise Ekon, chaque jour de retard vaut une perte de 800 mille dinars

« Les informations véhiculées par les médias concernant la maltraitance  des ouvriers tunisiens sont fausses et infondées », a déclaré ce matin Arif Hekmat Demirel, le directeur turc du projet de la cimenterie de Carthage Cement à Mornag. Lors de cette conférence, les représentants du constructeur turc Ekon ont en effet exposé leur version des faits. Ces faits, qui remontent à plusieurs mois déjà, se réfèrent aux mouvements protestataires des quelque 500 employés de l’entreprise.

Ceux-ci ont dernièrement fait monter d’un cran leur protestation. Lors d’un sit-in de trois jours observé les 15, 16 et 17 mars, ils ont rapporté les « humiliations » infligées par leurs supérieurs turcs. Ces derniers seraient même allés jusqu’à virer certains d’entre eux. « Faux !», a répliqué Faysel Ben Jaafer, l’avocat de l’entreprise. « Les 65 ouvriers, qui disent avoir été renvoyés, ont tout simplement terminé leurs contrats, l’arrêt de leur activité est légal et conforme au code de l’emploi tunisien ».

Le juriste a de ce fait expliqué la nature provisoire de la mission des Turcs en Tunisie : « Ekon est un établissement sérieux dont le siège se trouve en Turquie ;  ils sont en Tunisie pour l’exécution d’une tâche bien précise et se rendront dans leur pays au terme de leur mission ».

Les revendications des ouvriers tunisiens pour le maintien de leurs postes seraient ainsi, selon l’avocat, illogiques. «  A la rigueur, nous pouvons émettre des recommandations auprès des autorités, ou auprès de Carthage Cement pour préserver ces emplois, mais nous ne pouvons  rien leur imposer»,  a renchéri Arif Hekmat Demirel. Le responsable s’est dit comprendre la grogne sociale des habitants de Mornag, majoritairement pauvres et démunis, mais s’est désolé du retard des travaux.

La mission des Turcs consistant à bâtir la cimenterie de Mornag avait en effet débuté en 2010. Depuis, elle a été entravée par les évènements du 14 janvier et les mouvements sociaux qui s’en étaient suivis, ainsi que par la confiscation de Carthage Cement et ses complications judiciaires. A présent,  l’entreprise  accuse un retard d’une année dans l’achèvement  des travaux qu’elle devra désormais terminer vers fin 2013. « Chaque jour de retard et d’inactivité fait perdre à l’économie tunisienne 800.000 dinars », a regretté le responsable turc.

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