Retour sur le camp de transit de Choucha

Photo : WFP/Justin Smith

La déclaration d’Ursula Aboubacar, lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui sur la fermeture du camp de transit de Choucha et l’intégration d’un certain nombre de réfugiés en Tunisie entre 300 et 400, annonce la fin de deux ans de souffrance.

Le calvaire des réfugiés du camp de transit de Choucha a presque pris fin. La preuve en est la réduction considérable du nombre de demandeurs d’asile et grâce au succès des opérations de réinstallation, les autorités tunisiennes et le HCR ont convenu de fermer le camp en juin 2013.

Le camp de transit de Choucha, témoin de la générosité d’un peuple qui a fait preuve d’abnégation de soi et de solidarité à un moment épineux  de son histoire. Faut-t-il  encore le rappeler ?

La Tunisie a accueilli 200 mille réfugiés de plusieurs nationalités fuyant la guerre libyenne.  Alors qu’ elle traversait elle-même une phase révolutionnaire.

Ni l’insécurité, ni l’avenir incertain du pays, ni le manque de ressources économiques n’ont empêché les Tunisiens, notamment ceux du sud,  à venir au secours des réfugiés.
Que reste-t-il après deux ans ?

Il n’est plus question de parler de situation provisoire et précaire au camp des réfugiés de Choucha puisque la décision a été prise et le camp sera fermé d’ici juin 2013 et les autorités tunisiennes, le Haut commissariat aux réfugiés et la société civile pourront bientôt clore ce dossier.

Deux ans émaillés de problèmes et de soucis mais la réussite est palpable. La Tunisie a réussi son pari de résoudre les problèmes des réfugiés avec ses partenaires humanitaires. La fermeture prochaine du camp nous invite à évoquer le bilan de ce qui a été fait durant les deux ans. Des chiffres fournis par le HCR en disent long sur la situation.

Des moyens gigantesques ont été mis en oeuvre afin de faire face à cette tragédie humaine et à cet égard, il convient de rappeler qu’à certains moments, qui coïncidaient avec l’apogée de la crise libyenne, le camp de transit de Choucha a accueilli jusqu’à 18000 personnes par jour. 2,75 millions de repas ont été distribués en 2012 ; 22400 consultations médicales ; 80 % d’enfants scolarisés et plus de 5
millions de dollars de soutien élargi aux autorités et structures tunisiennes.

De même,  Choucha a accueilli 855 réfugiés et 7 demandeurs d’asile. La majorité des réfugiés partiront en réinstallation. À l’heure actuelle, il ne reste qu’entre 300 et 400 réfugiés qui demeureront en Tunisie après la fermeture du camp. Un nombre minime par rapport au nombre initial de réfugiés.

Notons que 2948 réfugiés ont été réinstallés  dans plusieurs pays comme :  les Etats-Unis,  la Norvège, la Suède, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Suisse, le Portugal,  la Finlande, la Belgique, l’Irlande, le Danemark, le  Royaume Uni, l’ Italie et la  France.

Fidèle à elle-même, la Tunisie, terre de tolérance et de rencontre heureuse entre civilisations, intégrera de nouvelles communautés. La nouvelle Tunisie s’annonce haute en couleur, ouverte sur le monde, terre d’accueil depuis toujours.

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