De l’exportation de la mort…

La mort d’Al-Farouk Ettounssi, plus jeune jihadiste âgé de 10 ans et de son père, faisant partie de Jabhat Al-Nossra, lors d’un bombardement effectué  par les forces syriennes, incite à poser plusieurs questions sur l’implication des jihadistes tunisiens dans ce qu’on appelle « La révolution syrienne ».

La décision du président provisoire Moncef Marzouki de rompre tous les rapports diplomatiques avec le régime syrien a rendu impossible toutes négociations avec le régime de Bachar Al- Assad, afin de récupérer les jeunes tunisiens, ou pour le moins de s’informer sur leur sort.

Le gouvernement de la Troïka a oublié l’existence des familles, étudiants et fonctionnaires tunisiens en Syrie. Rappelons à cet égard que Moncef Marzouki a qualifié Bachar Al-Assad, à maintes reprises, de dictateur et son régime de sanguinaire, bien avant son ascension au pouvoir. De même, le président tunisien a rompu les relations avec la Syrie bien avant le Qatar et la France.

Crise ou révolution syrienne? Peu importe comment elle se nomme. Ce qui se passe réellement en Syrie, alors que notre  pays souffre le martyr – taux de chômage élevé, travaux de l’assemblée constituante ralentis, insécurité, assassinat politique et montée des extrémismes –  semble susciter des vocations auprès d’un bon nombre de nos jeunes, qui ont choisi de s’impliquer dans une cause qui, faut il encore le rappeler, n’est pas la leur. Lavage de cerveau ou conviction intime, nos jeunes  rejoignent  l’Armée syrienne libre. Objectif : combattre  le régime de Bachar El-Assad.

L’itinéraire vers le Jihad en Syrie ne se résume pas à une aventure personnelle, guidée par un souhait intense au martyr.  Au-delà de l’initiative individuelle, se cache un réseau qui organise l’exportation des jihadistes et des Imams, qui endoctrine les jeunes, avec pour résultat, un chiffre effarant: 40% des combattants étrangers en Syrie sont des Tunisiens.

Ce bilan alarmant est annoncé par l’ONU. Sur terrain, le journaliste  Mohamed Bouüd a mené une enquête sur la question. Selon lui, entre 150 et 500 Tunisiens sont morts dans les combats, sur quelques 3500 Tunisiens arrivés, affirme-t-il en  décembre dernier, sur le plateau de Nessma.

Malheureusement, et jusqu’à  l’écriture de ces lignes, aucune décision primordiale n’a été prise afin de sauver nos jeunes et de les présenter à la justice tunisienne, encore moins pour démanteler  le réseau d’endoctrinement.

Il suffit  d’entendre les propos du leader du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi sur la question : «Nous n’avons pas présenté de propositions pour sauver nos jeunes  en Syrie», lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, au bureau du mouvement, à la cité  Ettadhamen. Avant d’ajouter que : «Le gouvernement tunisien n’a pas non plus réussi à sauver d’autres Jihadistes tunisiens en Irak et en Afghanistan auparavant. C’est aux associations internationales, comme le Croissant rouge, de s’en charger.»

 

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