Hamma Hammami : « Ce gouvernement est une piètre copie de celui qui l’a précédé »

Dans la journée du jeudi 14 mars, le secrétaire général du Front Populaire, Hamma Hammami n’a pas mâché ses mots en critiquant la nouvelle composition gouvernementale. « Une piètre copie de sa précédente, et qui est en plus dirigée par un ministre qui était synonyme d’échec et d’oppression durant son mandat », lance-t-il.

Le vote de confiance au nouveau gouvernement d’Ali Laârayedh ne veut rien dire, selon le porte-parole du Front Populaire, car la légitimité dont on  se targue est de plus en plus remise en cause.

Toujours selon Hamma Hammami, la sagesse voudrait qu’une fois qu’un gouvernement a échoué, on doit nécessairement procéder à une évaluation des causes de l’échec et à un changement de l’équipe perdante. « Ce qui n’était pas le cas après l’échec du gouvernement Jebali. Non seulement aucune évaluation n’a été faite mais aussi on a gardé les mêmes ministres », a-t-il souligné, non sans exprimer  sa frustration.

« Ce gouvernement ne réussira pas, a-t-il lancé. « Que peut-on attendre d’un gouvernement émanant d’une répartition partisane et présentant un programme qui ne propose rien de concret ? », s’interroge-t-il.

Il a, par ailleurs, relevé le faible traitement de la question de la violence, le laxisme envers ce qu’il a appelé les milices du mouvement Ennahdha, à savoir les Ligues de protection de la révolution, la mainmise par le parti au pouvoir sur le ministère public, l’absence d’un agenda clair et précis…

Hamma Hammami a en outre évoqué ce qu’il appelle la « fausse neutralité » des ministères régaliens  faisant valoir  que la nomination de 1400 employés appartenant au mouvement Ennahdha au sein des administrations tunisiennes ne permettra aucunement  la neutralité  effective des ministères régaliens. « Que pourrait faire  un ministre indépendant face à une armada de sympathisants du parti au pouvoir placés partout dans l’administration tunisienne ».

Il a, à ce titre, appelé à une révision totale des dernières nominations, condition sine qua non, selon lui, pour garantir la neutralité de l’administration tunisienne.

Le porte-parole du Front s’est longtemps arrêté sur la question économique et sociale qui devrait être, selon lui, la préoccupation majeure. Il a, à ce propos, souligné l’importance d’arrêter la  cession d’entreprises tunisiennes, de refuser les conditions du FMI, de développer les secteurs producteurs de richesses et, notamment, le secteur agricole, d’annuler  les dettes des petits agriculteurs, de développer les mécanismes de lutte contre le monopole et la spéculation, de lutter contre la contrebande et le marché parallèle tout en trouvant les solutions adéquates pour régulariser la situation des familles dont le secteur informel est la seule source de revenus, de développer et mettre en application  les mécanismes de contrôle économique…

Hamma Hammami a en outre estimé nécessaire de réviser le budget,  de suspendre le paiement de la dette tunisienne,  de renforcer la chasse à la fraude fiscale, de rétablir la prime du chômage et de repenser le code d’investissement dans le but d’encourager l’investissement dans les régions.

Il  a aussi réaffirmé l’attachement du Front populaire et le Parti des patriotes démocrates unifié ainsi que la coalition civile et politique à organiser le congrès de salut national, et leur soutien à l’initiative de l’Ugtt.

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