Zouhaier Yahyaoui : rappeler est un devoir

L’association des blogueurs tunisiens, en partenariat avec la maison de la Culture Ibn Rachik, a organisé un hommage au cyber-dissident tunisien Zouhaier Yahyaoui, hier le 12 mars. Témoignage d’amis et de proches, projections et musique, étaient au rendez-vous pour agrémenter la cérémonie.    

Huit ans déjà sont passés depuis le décès du célèbre cyber-dissident Zouhaïer Yahyaoui, le 13 mars 2005 à Tunis. Son fait d’arme majeur a été de combattre le régime de Ben Ali, dans les années de braise, par sa plume acerbe et ses articles critiques qu’il publiait sur son site Tunezine, principal site web de l’opposition tunisienne.

Il est 17h3O, le hall de la maison de Culture grouille déjà d’artistes, cyber-dissidents et jeunes, venus pour rendre hommage à Zouhaier Yahyaoui. Dans la salle, sont exposées des toiles de Zouhaïer, qui révèlent sa facette de caricaturiste et peintre. Les organisateurs ont pris soin d’afficher un certain nombre de ses articles, notamment une lettre ouverte à Rached Ghannouchi. Les photos du premier martyr de l’internet en Tunisie sont également affichées dans tout l’espace.

Le sourire de sa sœur, Leila Yahyaoui, illumine son visage. Elle, qui a assisté à la souffrance de son frère depuis le début. « Ma famille poursuivra tous ceux qui sont impliqués dans le malheur de mon frère, qu’ils soient les  ordonnateurs ou les exécuteurs peu importe », nous confie-t-elle avec détermination.

Pour Taieb Moalla,  coorganisateur de l’évènement, blogueur et ami du cyber-dissident, l’évènement est une manière de lutter, pour que Zouhaier Yahyaoui ne tombe pas dans l’oubli : « C’est le huitième anniversaire du décès de Zouhaïer Yahyaoui, alias Ettounsi. Fidèles à sa mémoire, ses amis ont choisi de lui rendre hommage aujourd’hui, afin de faire connaitre auprès des jeunes son histoire et son militantisme. Nous avons pris soin d’afficher ses articles sur les murs, pour que les visiteurs puissent les lire. La révolution doit le réhabiliter.  »

Devant une salle archicomble, M. Chokri Latif, le directeur de la maison de la Culture Ibn Rachik, a donné le coup d’envoi de l’évènement, à 18h tapantes,  en soulignant son importance et le parcours du militant. Après la projection d’un documentaire sur le martyr, la scène a été cédée aux témoignages et à la musique.   

Mme Naziha Rjiba a parlé de la relation affective qui la liait à Zouhaïer : « C’est l’enfant que je n’ai pas eu », avoue-t-elle avec émotion. L’ex journaliste n’a pas caché son admiration pour son style d’écriture : «  Son style d’écriture, en dialecte tunisien m’a captivée, moi qui était professeur d’arabe », dit-elle. Gai et spontané, c’est ainsi qu’elle le décrit.

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