Des raisons pour douter de la composition de la prochaine haute instance électorale

Les travaux du comité chargé de la sélection des candidatures pour la composition de la nouvelle haute instance électorale ont atteint leur phase finale, après qu’a été prolongé le délai de réception des candidatures au 14 mars 2013; et ce malgré la lenteur du rythme de ces travaux, notamment en raison du temps déployé pour obtenir un accord sur la loi portant sur la création de ce comité, le calendrier des travaux, ainsi que l’identification des critères de sélection des candidats.

Le comité a, dans un premier temps, procédé au dépouillement des candidatures reçues initialement- entre 20 et 30 dossiers-  pour s’arrêter ensuite, en décidant à l’unanimité d’ouvrir tous les dossiers de candidature le même jour et d’annoncer les résultats finaux de leur sélection, dés la fin de leurs travaux.

L’Association tunisienne pour l’indépendance et la démocratie des élections (ATIDE) a critiqué le travail du comité chargé du dépouillement des dossiers, en soulignant le manque total de transparence au niveau de la forme et du fond de cette opération. M. Moez Bouraoui, président de l’ATIDE, a indiqué que l’opacité appliquée sur le travail de ce comité vis-à-vis de la société civile et des médias n’a aucune raison d’être et que cela a été l’objet d’une correspondance officielle adressée, depuis le 21 janvier 2013, de la part de l’ATIDE à l’Assemblée nationale constituante, dans laquelle l’association demandait d’observer les travaux du comité. « Notre demande n’a jamais reçu de réponse et cela confirme le manque de transparence de ce comité dans ses travaux », a précisé M. Bouraoui.

L’ATIDE considère que les justifications fournies oralement par certains membres du Comité, concernant la fermeture des portes à la société civile et aux médias, ne sont pas acceptables, puisque les raisons évoquées étaient liées à la protection des données personnelles et aux risques de perturbations des travaux du comité. Ces raisons ne sont pas logiques et ne représentent aucune cohérence avec les principes de la transparence et  de la gouvernance participative. M. Bouraoui a insisté sur le fait que les observateurs avaient toute leur place pour accompagner les travaux de ce comité d’une manière légitime, « puisque la loi sur les associations, le décret 41, ainsi que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale constituante accordent le droit d’observer ces travaux ».  « Cette décision, prise à titre officiel, suggère un manque de crédibilité sur le travail de tri du comité, ce qui pourrait rendre la prochaine haute instance des élections partisane et entrainer des tiraillement politiques. Cela représente une véritable menace pour l’avenir du système électoral et de la transition du pays en général », a ajouté le président de l’ATIDE.

« L’ATIDE considère que pour garantir le succès des travaux de ce comité, il est essentiel d’ouvrir les portes à la société civile et aux médias pour observer et évaluer la manière utilisée dans le processus de sélection des candidats. Le contraire conduirait à douter de la composition de l’instance, au-delà des noms et de la valeur professionnelle de ceux qui la composeront », a soutenu M. Bouraoui. « La transparence et la gouvernance démocratique et participative doivent être les premières conditions à appliquer à ce comité et l’ATIDE exprime son refus et son rejet de la politique de l’ambiguïté et de l’isolement appliquée par ce comité dont le travail, dans ces conditions, ne pourra jamais être qualifié de transparent » a-t-il conclu.

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