Ali Laârayedh a conservé 75% des ministres du précédent gouvernement qui a échoué

Crédit photo: Mosaïque fm

Dans le cadre d’un hommage au cyberdissident Zouhaier Yahyaoui qui s’est tenu hier le 12 mars, à la maison de la culture Ibn Rachik, nous avons rencontré Naziha Rjiba, alias Om Zied, qui a bien voulu nous accorder cette interview.   

La nouvelle Tunisie a-t-elle besoin d’un nouveau Zouhaier Yahyaoui ?

Je voudrais dire tout d’abord combien il était regrettable que feu Zouhaier n’ait pas vécu la révolution et la déchéance de Ben Ali. La Tunisie a tant besoin de lui. Principalement, par devoir de reconnaissance, car il a tant lutté pour elle, notamment pour la liberté d’expression et le dévoilement des atrocités de l’ancien régime. Oui, la Tunisie a besoin d’un nouveau Zouhaier Yahyaoui. 

Pensez-vous que la liberté est toujours menacée dans ce contexte actuel ?

Oui bien sûr. L’époque du militantisme n’est pas révolue et le pays en a encore besoin. Et pour cause, les fléaux contre lesquels  Zouhaier Yahyaoui a lutté sont de retour à petits pas. Rien que de voir la punition sévère infligée à Ghazi Béji, condamné à 7 ans et huis mois de prison par contumace, à cause de la publication de son livre L’illusion  de l’Islam, et qui est le premier réfugié politique après la révolution, et l’affaire d’Olfa Riahi pour s’en rendre compte. C’est le même schéma qui se reproduit.

Dernièrement le premier ministre a recommandé à tous les ministres du gouvernement d’éviter  les plateaux télés et les déclarations à la presse. Pensez-vous que ce soit le début de la rupture entre les ministres et les médias ?

Non ce n’est pas cela. C’est juste qu’Ali Laârayedh s’est rendu compte que ses ministres étaient médiocres et qu’à chaque fois qu’ils passaient à la télévision, on criait au scandale ! D’autre part, il veut donner l’impression, ou il veut vraiment, que ses ministres restent dans leurs bureaux et travaillent. C’est une censure exercée sur les ministres, qui de toute façon parlent très mal. Je rappelle aussi qu’il y a des ministres qui sont restés dans le gouvernement de Laârayedh, malgré l’opinion publique contraire, ce qui n’est pas juste, sincèrement.

L’échec d’Ali Laârayedh, en tant que ministre de l’Intérieur, ne fait pas l’ombre d’un doute. Est-il capable de réussir en tant que premier ministre ?

Le gouvernement n’a pas changé beaucoup, ni dans ses membres ni dans sa structure. Je pourrais dire qu’ils ont gardé 75% de l’effectif qui a échoué. Peut être que la réussite serait concrétisée par les 25% restants. En tous cas, le nouveau gouvernement a intérêt à se dépêcher, car la patience des citoyens a des limites.

Et la situation économique ?

Les experts disent que tous les indices sont alarmants. Ceci dit, le gouvernement a intérêt à mettre fin à la période transitoire, sinon il devra faire face à des émeutes et cela ne sera pas facile à gérer. La situation économie tunisienne est pénible, je le vois à travers mon panier.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here