Le gouvernement d’Ali Laarayedh entre échec et espérance

Alors qu’elle se présentera aujourd’hui devant l’ANC, pour recueillir la confiance des députés, la nouvelle équipe gouvernementale d’Ali Laarayedh fait l’objet d’impressions et d’évaluations contradictoires. Certains y voit une issue de salut, d’autres n’attendent rien, sinon le pire d’elle. Avis de quelques députés.

Salah Chouaib, député indépendant et porte-parole de l’ULP

A l’instar de la plupart des députés de l’opposition, Salah Chouaib, devenu récemment le porte-parole de l’UPL, « n’attend pas de résultats positifs du gouvernement d’Ali Laarayedh ». Rencontré la veille du vote de confianceaunouveau gouvernement, le député a révélé sa prise de position. Principale cause de son manque de confiance: ce gouvernement sera en effet dirigé par Ali Laarayedh qui n’était déjà pas parvenu à gérer le ministère de l’Intérieur. « Pendant son mandat, le chaos a régné, les armes ont envahi le pays, et même des assassinats politiques sont survenus », a rappelé Salah Chouaib. Pour lui, le nouveau gouvernement proposé par Laarayedh est une nouvelle Troika. « Et même ceux qu’on présente comme des indépendants, ne le sont pas » a insisté le député, tout en expliquant: « les ministres régaliens ont été proposés par Ennahdha et plus précisément par Noureddine Bhiri. Celui-ci a été désigné ministre délégué chargé des Affaires politiques. Il aura donc une emprise sur tous les ministres et notamment sur ceux qu’il a recommandés. »

Malgré son pessimisme à l’égard du prochain gouvernement, Salah Chouaib réclame de la part de l’Exécutif un programme à court terme, bien clair et bien défini. Il attend également que chaque ministre propose son plan d’action pour ce qui reste de la période transitoire. Par ailleurs, le porte-parole de l’UPL a relevé une question « qui se pose »: « pourquoi a-t-on refusé le gouvernement des technocrates non-partisans proposé par Hamadi Jebali, tandis que l’équipe d’Ali Laarayedh, pourtant réplique miniature de l’ancienne, a été approuvée? »

Ali Bechrifa, indépendant (ex-Ettakattol), Groupe Démocrate

Ali Bechrifa, qui a fait partie de la troïka, avant de déserter en octobre dernier les rangs d’Ettakatol, a estimé que le gouvernement Laarayedh est une copie presque conforme de l’ancien gouvernement. Selon lui, le trio a maintenu sa domination sur l’Exécutif, sans concessions aux composantes du spectre politique qui avait pourtant accepté d’intégrer un gouvernement d’unité nationale.

Le député démocrate s’est par ailleurs interrogé  sur l’indépendance des ministres désignés à la tête des ministères régaliens. « Ceux-ci, notamment le ministre de l’Intérieur et celui de la Justice exerceraient-ils des responsabilités décisionnelles, ou seraient-ils enclins à se référer au chef du Gouvernement pour décider? Auraient-ils la possibilité de revoir les précédentes nominations au sein des deux ministères? », a ainsi asséné Ali Bechrifa, tout en rappelant la politique suivie par Ennahdha en matière de nominations. Le parti au pouvoir se serait, selon lui, accaparé toutes les nominations auxquelles même les alliés (Ettakatol et le CPR) n’avaient pas de part.

Mounir Ben Hnia, député mouvement Ennahdha

Mounir Ben Hnia, député du mouvement Ennhdha, a été optimiste. Pour lui, « ce gouvernement s’est conformé à la majorité des revendications des partis politiques, notamment, en ce qui concerne la neutralité des ministères régaliens. » Il a également estimé que la composition «  comporte plusieurs compétences qui auront un rôle décisif dans la réussite de qui reste de la période de transition démocratique ». Le député nahdhaoui a été satisfait aussi bien de la nouvelle composition que de l’équipe sortante. «  Je tiens à remercier le gouvernement de Monsieur Hamadi Jebali qui a réalisé plusieurs succès dans divers domaines, et ce malgré les dénigrements et les accusations de certaines parties », a-t-il avancé. Pour ce qui est des priorités du prochain gouvernement, Mounir Ben Hnia les classe ainsi: la sécurité, le pouvoir d’achat, le développement et l’emploi, surtout dans les régions défavorisées.

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