Impact des dégradations des notes souveraines sur celles des banques Tunisiennes

   Depuis le début de la Notation Souveraine (NS) de la Tunisie par les agences de rating en 1995, les NS ont subi une double (par Moody’s et FitchRating) ou triple (par S&P’s) dégradations après la révolution (voir  tableau I). Les actions à la baisse de ces notes ont fait, dans la majorité des cas, traîner vers le bas celles des banques.

    Malgré les différences des méthodologies de Notation du Risque de Crédit Bancaire (NRCB) entre les agences de rating,  elles sont en cohérence concernant  la relation entre la NS et la NRCB. Les agences insistent, dans des documents spécifiques expliquant la nature de cette relation, sur la corrélation positive entre les deux types de notes.

   Moody’s (2012) déclare que « la  détérioration de la qualité de crédit souverain peut directement affecter le niveau du risque de crédit des autres émetteurs domiciliés dans la souveraineté et d’une manière plus générale tend d’être associée avec la tendance macro-économique et du marché financier qui sont non favorable pour tous les émetteurs ».

    Pour Moody’s et FitchRating, la relation entre les deux notes est fondée sur le concept « country ceiling » qui constitue la note maximale en monnaie étrangère qu’un émetteur est susceptible d’obtenir dans un pays donné. Il reflète le risque de voir un gouvernement compromettre le service de la dette d’un émetteur domestique, en décidant un moratoire sur la dette et se réfère aux risques de transfert et de convertibilité.

   Le tableau II présente un récapitulatif  comparatif entre les notes à LT en monnaies étrangères des banques tunisiennes notées par les trois agences de rating avant et après les dégradations des NS de 2011, 2012 et 2013.

   Après les dégradations souveraines de février 2013, S&P’s a entamé une action négative pour trois banques (Arab Tunisian Bank de BB à BB, Banque de l’Habitat de BB- à B+, Banque Tuniso-Koweitienne de BB à BB-). Moody’s, au 8 mars 2013, a rabaissé la note de cinq banques (Amen Bank de Ba2 à  Ba3, Arab Tunisian Bank de  Baa3  à  Ba2, Banque de Tunisie de Ba1 à Ba2, Banque Internationale Arabe de Tunisie de Ba1 à Ba2, Société Tunisienne de Banque de Ba2 à B1). Les agences  ont gardé les banques sous surveillance avec des perspectives négatives influencées par celles des NS.

   L’étude de l’évolution des notes souveraines (NS) et celles des banques (NRCB) de la Tunisie à partir du 14 janvier 2011 ne montrent que des dégradations ou des confirmations. Etant donné que les notes assignées par les agences de rating évaluent la capacité et la volonté d’une entité (banque, Etat,…) à honorer ses engagements financiers, une dégradation signifie une augmentation du risque de défaut de paiement et génère une augmentation des spreads et de la du taux de rendement exigé par les investisseurs. Est-ce un des éléments de l’addition à payer dans la période de transition vers la démocratie?

Tableau1

Tableau-II

Tableau3

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