Issam Chebbi : « Il y a une propension à ne pas accorder la confiance au gouvernement Ali Laârayedh »

Rencontré dans les halls de la Constituante, Issam Chebbi, dirigeant d’Al-Jomhouri et  député du Bloc Démocratique, ne mâche pas ses mots en parlant du nouveau gouvernement : « Le gouvernement d’Ali Laârayedh est une copie médiocre de l’ancien gouvernement. Le fait qu’il ne soit formé que des composantes des partis de la Troïka est une preuve de son échec à convaincre les autres partis  politiques. Ils ne sont pas parvenus à créer une union nationale qui aurait rassuré les Tunisiens. Ce gouvernement a gardé la majorité des anciens ministres responsables des anciens échecs. Des échecs que l’opposition avait dénoncés et que même Hamadi Jebali, l’ancien Chef du Gouvernement avait admis et s’en était excusé auprès du peuple tunisien. Dans une première lecture, je ne crois pas que celui qui a échoué auparavant et qui a maintenu les mêmes visages, réussira d’autant plus qu’il ne présente aucune nouvelle conception ».

Et d’ajouter : « La seule différence c’est que le gouvernement comprend désormais quatre ministres non affiliés à des partis politiques à la tête des ministères régaliens. La neutralisation de ces ministères est une ancienne revendication du parti  d’opposition Al-Jomhouri. Elle est nécessaire mais non suffisante. Et bien que ces ministres soient connus pour leur compétence et leur indépendance, il leur faudra le prouver. Et ce, par la prise de décisions audacieuses qui attestent d’une vraie neutralisation des ministères régaliens.   Ils sont appelés à réviser et revoir les nominations qui ont été faites sur la base d’appartenance et de complaisance avec le parti au pouvoir ».

Toujours selon lui, « le nouveau gouvernement devra  également relever un défi de première importance. C’est le rétablissement de la sécurité, majeure et principale revendication du peuple. Nous l’appelons dans ce contexte à prendre une décision courageuse de dissoudre les ligues de  protection de la révolution et de dévoiler toutes les vérités sur l’assassinat de Chokri Belaïd.  Le nouvel exécutif est aussi appelé à engager un dialogue national qui aille au -delà de la Troïka pour inclure toutes les composantes du spectre politique tunisien ».

« Nous procédons en synergie avec nos alliés à l’ANC, et il y a une propension à ne pas donner la confiance au gouvernement Ali Laârayedh qui a déjà pris un mauvais départ, et qui est bien en deçà des aspirations des Tunisiens. Nous allons, toutefois, surveiller le rendement  de cette équipe et l’aider chaque fois qu’elle fait un pas dans le bon sens »,  conclut-il.

 

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