La Troïka de retour

Crédit photo : www.tixup.com

 Après huit mois d’attente, d’angoisse, de suspense, de marchandage et de gestation, le remaniement ministériel a finalement eu  lieu et la Troïka est toujours aux commandes. Le nouveau cabinet, présidé par l’ancien ministre  de l’Intérieur Ali Laârayedh, n’est pas restreint puisqu’il compte 37 membres dont 27 ministres et 10 secrétaires d’Etat tous des hommes à l’exception de… 3 femmes. Question parité, le mouvement Ennahdha au pouvoir n’y accorde pas l’intérêt qu’il faut et c’est en soi un signe assez révélateur.

Ce gouvernement n’est pas aussi tout à fait nouveau car il compte 22 anciens ministres reconduits soit dans leurs postes soit dans d’autres départements malgré les échecs cuisants essuyés par certains d’entre eux. Ce qui laisse penser que «  le partage des sièges » n’a pas été de tout repos. C’est donc un gouvernement « mixte » puisque les 15 nouveaux venus sont qualifiés  d’indépendants… jusqu’à preuve du contraire. Ce qui confirme l’échec de M. Laârayedh dans sa tentative d’élargir la base de son gouvernement même à l’échelle de petits partis comme Wafa ou ce groupe parlementaire réduit « Liberté et dignité », sans parler des grands dont les conditions ne cadrent pas avec l’approche et la vision nahdhaouie…

Quant au Premier ministre lui-même,  il sera secondé par 3 ministres (politique, économie et gouvernance) sans parler bien entendu de « la flottille » de conseillers, avec rang de ministre, qui va bientôt accoster à la Kasbah et dont on cite déjà le gendre du grand chef Rached Ghannouchi qui n’est plus ministre des Affaires étrangères mais qui sera fort probablement conseiller auprès de M. Laârayedh pour « la même spécialité », comme quoi « le Sheraton Gate » ne sera plus qu’un mauvais souvenir.. .

Côté baromètre d’accueil, ce gouvernement n’a pas été chaudement applaudi, mais aussi il n’a pas été catégoriquement rejeté. La majorité de la classe politique l’a tièdement reçu, à l’exception de certains  partis de l’opposition qui campent toujours sur leurs positions, qui ne sont pas tout à fait satisfaits  « des concessions » faites à Montplaisir, qui attendent la confirmation de la neutralité des ministres à la tête des départements de souveraineté  et qui estiment qu’on est très loin du si nécessaire gouvernement d’unité nationale, de consensus, seul à même de faire avancer le processus de transition.

Chargé le 22 février 2013 par le Président  provisoire de la République, Moncef Marzouki, de former un gouvernement, après la démission de Hamadi Jebali, qui est « appelé à un avenir brillant »,   Ali Laârayedh  doit maintenant, et dans les deux jours qui viennent , faire entériner son cabinet par l’Assemblée nationale constituante et présenter, au cours d’une séance plénière, son programme qui est fort attendu car c’est là aussi et surtout qu’on l’attend au tournant.

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