« Vous les femmes…»

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Cette chanson de Julio Iglésias, source d’inspiration toute trouvée, me permets de féliciter toutes les femmes du monde à l’occasion de leur fête demain, 8 mars, la Journée internationale de la Femme. C’est une simple reconnaissance à plusieurs femmes, notamment ma mère.

Ce jour-là n’est pas seulement la fête des femmes, c’est aussi une occasion pour rappeler à certains que les droits de la femme font partie intégrante des droits de l’Homme. Alors, mais une question s’impose: la femme tunisienne est-elle aujourd’hui épanouie de sa situation? Pas vraiment, puisque certaines femmes vivent aujourd’hui dans une suprême injustice. Ce qu’on a vécu depuis deux ans en fait preuve.

La façon dont certains et certaines pensent aujourd’hui le rôle de la femme dans la société annonce un recul d’un acquis qui a fait la fierté de tous les Tunisiens: le Code du statut personnel.

Pourquoi? Parce qu’on aurait tort de rire de cet homme de 80 ans, invité récemment par une chaîne TV privée, rêvant, en 2013, de se marier avec une deuxième femme, sans divorcer de sa première épouse!

On aurait tort de rire d’un chef de parti, appelant au mariage des filles dès l’âge de 13 ans!

On aurait tort de rire de ces gens qui appellent à la fin de la mixité dans nos écoles et nos collèges.

On aurait tort de garder le silence face à une vague de mariage de complaisance illégale qui envahit nos universités.

On aurait tort d’accepter un prédicateur, défenseur de l’excision des filles, au motif des avantages de cet acte barbare sur la santé.

On aurait aussi tort de condamner une femme violée par deux policiers, censés assurer sa sécurité.

Tous ces actes, sources de dépression et d’inquiétude quant au sort de la femme tunisienne, ne sont-ils pas une violation des droits de l’Homme?

La situation de la femme tunisienne, qui a révolutionné l’histoire contemporaine des droits de l’Homme, ne mérite pas toutes ces violations.

La femme tunisienne qui a accompagné l’homme tunisien dans les grandes batailles pour l’indépendance nationale, dans les champs, dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les casernes, dans les tribunaux… mérite mieux que comment on la présente aujourd’hui.

Ceux qui ne peuvent pas s’adapter à la modernité doivent savoir que l’époque de la femme-esclave est révolue.

Les femmes, de plus en plus désireuses d’émancipation, de bien-être, de démocratie et qui combattent l’égoïsme des hommes, doivent protester, plus fort, contre l’ampleur de la violence qu’elles subissent.

La femme tunisienne doit aller de l’avant et franchir les barrières, parce que le chemin de liberté est irréversible. Vous les femmes tunisiennes, parce que nous vous aimons, nous vous le disons: « Vous êtes menacées, mais vous gardez toutes les chances de reconquérir vos droits. Bonne fête Mesdames. »

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