Radhi Meddeb: « Le nouveau gouvernement devrait fixer le calendrier des échéances à venir pour engager le dialogue et la concertation »

Meddeb

Radhi Meddeb, président de l’Association Action et Développement solidaire, a été l’invité de l’Economiste Maghrébin qui l’a interrogé sur les priorités du prochain gouvernement. Nous avons choisi pour vous quelques extraits de l’interview qui sera intégralement publiée dans la prochaine livraison (N° 600) de notre version papier.

Quels résultats pourraient-ils être atteints avec le nouveau gouvernement ?

Le nouveau gouvernement ne devrait pas être obnubilé par les échéances à venir. Elles lui échapperont en grande partie, puisqu’elles découleront du rythme de travail de l’Assemblée nationale constituante et relèveront de la responsabilité partagée de l’ensemble de la classe politique.

Il n’empêche ! Le gouvernement devra s’attacher à engager, sans préoccupation des délais, les actions à court terme, susceptibles de redonner de l’espoir aux populations et de restaurer la confiance et l’adhésion de tous, mais aussi engager les actions à moyen et long termes sans état d’âme, car c’est là le sens des responsabilités.

Ne nous a-t-on pas appris :   « Travaille pour ce monde comme si tu devais y vivre éternellement et travaille pour l’au-delà comme si tu devais mourir demain ».

Raisonnablement, le gouvernement à venir devrait disposer de huit à dix mois environ. C’est à la fois court, mais en même temps suffisant pour fixer le calendrier des échéances à venir et s’y conformer, mais aussi pour engager le dialogue et la concertation avec les différentes parties prenantes.

La restauration de l’ordre passera par celle de la confiance qui, elle-même, sera grandement facilitée si les populations acquièrent la conviction que leurs préoccupations légitimes, en termes d’emploi, d’amélioration des conditions et du cadre de vie sont celles de leur gouvernement.

Il faudra savoir associer les populations à la définition et à la mise en œuvre des projets les concernant.

De manière opérationnelle, j’ose affirmer qu’il sera possible, en cet espace de temps, et tout en veillant à tendre vers la restauration  des grands équilibres macroéconomiques, d’engager la création d’au moins 30.000 emplois dans les chantiers d’utilité publique et au moins autant dans le secteur privé qui n’attend que cela pour retrouver le chemin de l’investissement et de la création de richesses.

Cette période courte pourra et devra être mise à profit pour donner de grands signes en matière de solidarité sociale et de cohésion nationale, en infléchissant l’insoutenable spirale inflationniste , en révisant les barèmes de l’impôt sur les revenus des personnes physiques vers plus de justice et d’équité, mais aussi en lançant le chantier de la Caisse de compensation pour focaliser les efforts de l’Etat sur les catégories pauvres et vulnérables et leur permettre d’améliorer leur quotidien.

Par des actions de cette nature, symboliques et efficaces, la population saura reconnaître les siens et leur faire confiance, et s’engager sur la voie du développement inclusif.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here