Moncef Mezghani : « Aucun régime politique tunisien ne s’est intéressé à la poésie »

Hier 1er mars, coup d’envoi à la manifestation culturelle « Mars de la poésie » à la maison de la poésie.

« Mars de la poésie », manifestation culturelle qui s’étend tout au long du mois de mars pour fêter la vingtaine d’années qui s’est écoulé depuis la création de la maison de la poésie en 1993. Sous la dictature de Ben Ali,  cet établissement culturel a vu le jour, espace pour domestiquer le poète tunisien ? Ou établissement qui répond aux attentes des poètes ? Il nous suffit de savoir que la maison de la poésie est restée 18 ans sous l’emprise du ministère de la Culture de Ben Ali.

Pour inaugurer la manifestation, les animateurs Ahmed Achker BenDhaia et Oumama Zaïer ont préféré commencer avec les témoignages des deux directeurs précédents de la maison, à savoir Med Sgaiher Wled Ahmed et Moncef Mezghani.

Contrairement à Med Sgaiher Wled Ahmed, Moncef Mezghani ne s’est pas fait prier et a bien voulu répondre aux questions du public. Le poète a souvent était taxé de Rcdiste, de corrompu et de figure de proue de l’ancien régime. Son acceptation de l’événement relève-t-il du courage  ou simplement c’est le désir de revenir sur scène ?

« De la bureaucratie avant toute chose », la bureaucratie, le manque de financement pour ne pas dire l’absence de financement a entravé les activités de l’établissement dédié à la poésie. « A cettet époque, je devais toujours harceler le ministère de la Culture de coups de fil, de lettres recommandées et de demandes afin d’avoir une subvention parfois dérisoire pourtant l’ancien ministre de la Culture Abdelbaki Hermassi était un ami à moi»,   se souvient-il.

Les jeunes assument leur part de responsabilité : «  J’aurais adoré voir les jeunes faire pression sur le ministèreJe les aurais appuyé ».   Et pourtant le poète-directeur  n’a pas hésité à lancer une initiative louable : l’Index des poètes tunisiens.

« L’idée est survenue  suite à une question triste de la part d’un poète arabe : existe-t-il des poètes en Tunisie ?! ». Notons à cet égard que cet index est déjà prêt mais bien entendu il manque le financement pour qu’il puisse être édité. Aider les jeunes poètes en achetant des exemplaires de leurs recueils n’était pas une entreprise facile : « J’aurais bien voulu aidé les poètes, notamment les jeunes,  par l’achat de plusieurs exemplaires de leurs recueils mais malheureusement faute de budget, je n’ai pas pu acheter plus que trois exemplaires par poète.

D’autre part,  l’une des fonctions de la maison de la poésie est d’être un espace de débat fructueux et un atelier d’écriture. C’est pour cette raison qu’un atelier hebdomadaire encadré par des poètes expérimenté a entamé ses activités en 2000 », déclare-t-il.

Avant de continuer : « J’ai jamais voulu intervenir dans ce club de peur de me voir taxer de dictateur ou de me voir taxer de paternaliste ».

Fataliste, l’ex – directeur de la maison de la poésie conclut son intervention : «  Aucun régime politique tunisien ne s’est intéressé à la poésie. Ni celui de Bourguiba ni encore moins celui de Ben Ali ».

  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here