Le djihadiste Abou Zeïd a-t-il été tué ?

Le président du Tchad, Idriss Déby, vient d’annoncer que les troupes tchadiennes avaient abattu celui qui est l’un des chefs les plus craints d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Jeudi 28 février, la chaîne de télévision algérienne Ennahar rapportait que c’étaient les forces françaises intervenant au Mali qui auraient tué Abdelhamid Abou Zeid. D’après la même source, 40 combattants islamistes, dont Abou Zeid, ont été tués il y a trois jours par les forces françaises dans les contreforts du massif de l’Adrar, près de la frontière algérienne.

Informations « très crédibles »

Selon un responsable américain, les informations sur la mort d’Abou Zeid sont « très crédibles ». « Si cela est vrai, ce serait un coup important porté à Aqmi », a déclaré ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

D’autre part, un  responsable militaire français, a confirmé qu’une quarantaine d’islamistes avaient été tués lors de violents affrontements dans la région du massif de Tigharghar sur la semaine écoulée. Dix sites logistiques et de fabrication d’explosifs ont été détruits dans l’opération, ainsi que 16 véhicules, précise-t-il.

Un trafiquant et un chef cruel

Abou Zeid, d’origine algérienne, était l’émir des zones sud contrôlées par Aqmi. Ancien trafiquant devenu djihadiste, il était présenté comme l’un des chefs les plus cruels de l’organisation. On lui attribue l’enlèvement d’une vingtaine d’Occidentaux dans le Sahara ces cinq dernières années, qui ont rapporté plusieurs millions de dollars à Aqmi en paiement de rançons.

L’agence AFP rapporte qu’il a procédé à deux exécutions, celle d’un Britannique en 2009 et celle en 2010 d’un Français  qui avait 78 ans.

Robert Fowler, un diplomate canadien qui fut otage au Sahara, a raconté comment Abou Zeid avait refusé de fournir des médicaments à deux otages souffrant de dysenterie, dont l’un avait été piqué par un scorpion.

Après la prise de contrôle du nord du Mali par des groupes d’islamistes en avril 2012, Abou Zeid avait pris le contrôle de Tombouctou, mettant en œuvre une forme de charia extrême avec amputations et détruisant des lieux saints soufis. Des habitants de Tombouctou ayant directement traité avec lui durant l’occupation islamiste de la ville le décrivent comme un homme de petite taille à la barbe grise et à l’allure calme mais stricte, toujours armé d’une kalachnikov. Quand il a fui Tombouctou, avant la prise de l’ancien comptoir commercial par les forces françaises et maliennes, il a emmené avec lui plusieurs otages occidentaux les yeux bandés, racontent des habitants.

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