Ennahdha et Nidaa Tounes au coude à coude dans les intentions de vote

« L’opinion publique bipolarisée entre Nidaa Tounes et Ennahdha, avec 18,7% des intetions de vote pour le parti de Béji Caied Essebssi, et 19,5% pour le parti islamiste au pouvoir », c’est ce qu’a relevé le dernier sondage d’Emrhod Consulting. Dans son baromètre politique pour le premier trimestre de 2013, l’agence a interviewé un échantillon représentatif de 1060 personnes, entre les 22 et  25 février. Il a été question lors des entretiens téléphoniques avec la population ciblée de scruter les perceptions des citoyens des partis et des personnages politiques et de recueillir leurs intentions de vote. En plus de cette concurrence au coude à coude, le sondage a dévoilé un accueil mitigé de la nomination  du ministre de l’Intérieur à la tête du gouvernement, avec 41% des voix pour et 42% contre

 L’enquête a révélé,  par ailleurs, une percée importante de Hamadi Jebali qui a vu sa popularité décoller de 3,6% en décembre 2012 à 12,6% en février 2013. Une montée spectaculaire de l’ancien Premier ministre que Nébil Belaam, le directeur d’Emrhod, explique par la prise de position de Hamadi Jebali à la suite de l’assassinat de Chokri Belaid. Avec ses 12% de popularité, Hamadi Jebali est ainsi en deuxième position, après Béji Caied Essebssi. Ce dernier a, en effet, été sacré par l’échantillon comme personnalité politique la plus populaire, avec 14%, loin devant Rached Ghannouchi qui n’a obtenu que 1,3% des intentions de vote.

Ce classement de popularité a également connu la progression de Hamma Hammami, le leader du Front populaire avec 8%, mais surtout la dégringolade vertigineuse de Moncef Marzouki et de Mustapha Ben Jaafer. La régression des deux présidents s’explique entre autres par l’insatisfaction des Tunisiens du rendement de la présidence de la République, notamment dans l’affaire de Baghdadi Mahmoudi, et du retard accusé par l’Assemblée Nationale Constituante. En effet, le pourcentage des satisfaits du travail de l’ANC a baissé, dans l’espace d’un an, de 50,2% à 17,6%.

Les insatisfaits du Président de la République ont, quant à eux, représenté 71,3% des interviewés.  La popularité décroissante de ces deux personnalités politiques phares des élections du 23 octobre 2011 s’est négativement répercutée sur la popularité de leurs partis. Le CPR et Ettakattol sont en effet carrément menacés de disparaître du paysage politique avec des intentions de vote de 2,4% et de seulement 1%.

Le directeur d’Emrhod a, par ailleurs, relevé l’existence d’une catégorie importante, voire décisive. C’est celle des citoyens qui, lors des prochaines élections, s’abstiendront ou ne sauront pas  qui voter.  Ceux-ci représentent en effet environ 40% de l’échantillon. « Ils représentent un réservoir stratégique sur lequel les politiciens  devraient se  focaliser davantage », a tenu à souligner Nébil Belaam.

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