Le taux d’intérêt directeur maintenu inchangé

Selon les dernières prévisions des principales institutions financières internationales, les perspectives d’évolution de l’économie mondiale demeurent marquées par un faible rythme de croissance économique durant l’année 2013, en rapport avec l’atonie de l’activité économique en Zone Euro qui subit encore les effets de l’austérité budgétaire et de la hausse du taux de chômage engendrant un ralentissement sensible de la demande intérieure et extérieure.

La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a examiné, dans le même contexte, les évolutions récentes de la conjoncture économique et financière nationale à la lumière des dernières données disponibles concernant l’activité économique dans les différents secteurs et l’évolution des paiements extérieurs, ainsi que les équilibres financiers globaux au cours de l’année 2012-début 2013.

A cet égard, il a été relevé l’affermissement des indicateurs positifs de la reprise graduelle du rythme de la croissance dans la plupart des secteurs d’activité surtout ceux de l’énergie et des services. Ce qui a permis la réalisation d’un taux de croissance de 3,6% en 2012, selon les récentes estimations de l’INS, contre 3,5% prévu dans le Budget économique et un repli de 1,9% en 2011.

Le taux de chômage global a enregistré, de son côté, une baisse de 2,2% en comparaison de la fin de l’année 2011, pour revenir à 16,7% tout en demeurant à des niveaux élevés pour les diplômés de l’enseignement supérieur.

En outre, la BCT a observé les résultats positifs sur le plan des échanges commerciaux avec l’extérieur au mois de janvier, dont le déficit commercial a enregistré un repli de 24% sous l’effet conjugué de l’accroissement des exportations à un rythme nettement plus rapide que celui des importations, soit 23,6% contre 6,4%.

D’autre part, les récentes évolutions négatives observées à l’échelle nationale et qui pourraient prolonger, en cas de poursuite du manque de visibilité, et la situation d’attentisme et de prudence observée chez les opérateurs économiques, pourraient affecter l’activité économique et exacerber les pressions sur les équilibres financiers internes et externes, sachant que parmi les grandes agences internationales de rating, deux ont procédé à la dégradation de la notation financière de la Tunisie alors que les deux autres en ont maintenu le grade d’investissement.

Selon les dernières données disponibles concernant l’évolution du secteur industriel au début de l’année en cours, l’affaiblissement de la demande extérieure a affecté les secteurs exportateurs, particulièrement le secteur des industries mécaniques et électriques et celui des industries du textile et habillement, qui ont accusé un net repli de leurs exportations au cours du mois de janvier 2013.

Parallèlement, les indicateurs du secteur touristique ont connu une baisse au niveau des entrées de touristes et des nuitées globales (-10,1% et -3,4% en glissement annuel, respectivement, au mois de janvier 2013), alors que les recettes à ce titre ont connu une légère progression de 1%.

Concernant le secteur extérieur, et nonobstant la forte contraction du déficit courant de plus de 40% qui s’est situé à 0,5% du PIB en janvier 2013 contre 0,9% une année auparavant grâce au repli du déficit commercial, les avoirs nets en devises ont enregistré une baisse suite au remboursement d’une tranche de la dette extérieure de l’ordre de 728 millions de dinars, pour revenir à 11.385 millions de dinars, soit l’équivalent de 107 jours d’importations en date du 25 février 2013 contre 12.756 millions de dinars et 119 jours à fin 2012.

Quant à l’évolution des prix à la consommation familiale, le taux d’inflation a atteint 6% en glissement annuel au mois de janvier 2013 contre 5,1% au cours du même mois de 2012, en rapport surtout avec l’accélération de la hausse des prix des produits alimentaires, notamment les produits frais dont les prix ont augmenté de 11,1%.

S’agissant du marché monétaire, la BCT a souligné l’augmentation de nouveau des besoins de liquidités des banques durant le mois courant comparativement aux derniers mois, et ce, en relation surtout avec l’accroissement notable du solde du compte courant du Trésor qui a atteint 1.769 millions de dinars en moyenne durant le même mois, ce qui a amené la BCT à accroître ses interventions sur le marché monétaire à hauteur de 4.089 millions de dinars en moyenne quotidienne jusqu’au 24 février 2013 contre 3.653 millions de dinars en janvier dernier.

En revanche, le taux d’intérêt moyen sur le marché monétaire a atteint 4,24%, au cours de la même période du mois de février 2013, contre 4,11% pour le mois de janvier.

Pour l’activité bancaire, l’encours des dépôts a connu une décélération, soit 0,2% en janvier 2013 contre 4,9% en décembre 2012, qui a touché l’encours des dépôts à vue et celui des comptes à terme.

Les concours à l’économie ont connu, également, la même tendance en enregistrant une quasi- stagnation de 0,2% contre 0,7%, en rapport avec la baisse des crédits à court terme et la stagnation des crédits à moyen et long termes.

Vu ces évolutions et la poursuite de la hausse des prix, ainsi que l’apparition d’indices reflétant la persistance des tensions inflationnistes dans les mois à venir, la BCT a mis l’accent sur la nécessité d’un engagement ferme de toutes les parties prenantes afin de maîtriser les sources de ces pressions, qu’elles soient d’origine monétaire ou non monétaire, afin de garantir la stabilité des prix qui demeure une condition nécessaire pour assurer une croissance économique saine, durable et juste tout en préservant les équilibres financiers globaux.

Il est aussi nécessaire de conférer une plus grande marge de fluctuation au taux d’intérêt sur le marché monétaire.

En conclusion, le conseil d’administration a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la BCT.

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