Le Parti des Travailleurs rejette le gouvernement Ali Laarayedh et fait état d’une crise grave

Crédit photo : www.mosaiquefm.net

Dans la turbulence des tergiversations politiques portant sur la formation du gouvernement Ali Laarayedh, le front populaire s’est montré plutôt catégorique. Un Non sec et irréversible à l’Exécutif que chapeautera le ministre de l’Intérieur dont le mandat a connu des dérapages sécuritaires graves. Ce refus, Hamma Hammami l’a expliqué par l’attitude du mouvement Ennahdha et ses alliés. Ceux-ci ne font en effet que reproduire les mêmes choix et politiques, avec un changement de visages et des litiges pour s’accaparer les postes : « Ali Laareayedh a fait partie de l’ancien gouvernement. L’échec et la détérioration de la situation sont sa responsabilité en grande partie », a estimé le leader du Front Populaire tout en assurant : « La prochaine coalition gouvernementale, quelles que soient ses composantes, va échouer ! ». C’est que, selon lui, la formation du nouveau gouvernement devra plutôt s’appuyer sur un programme socioéconomique solide et imprégné des vrais objectifs de la révolution. Un programme qui soit consensuel et mis au point dans le cadre d’un congrès national de salut ouvert à tout le monde. Chose que le mouvement Ennahdha et ses alliés s’acharnent à esquiver. «  Dans la Troïka, et surtout au sein d’Ennahdha, certains n’estiment même pas qu’il y a une crise dans le pays, ils ne veulent pas traiter les revendications du peuple, parce qu’ils savent qu’en y procédant, ils finiront par perdre le pouvoir, seul et unique but qui leur tient vraiment à cœur. », a fustigé ainsi le chef du Parti des travailleurs.

Le marasme socioéconomique

Donc et contrairement aux Nahdhaouis et leurs alliés, qui ne semblent pas très préoccupés par la détérioration de la situation économique et sociale, le Front Populaire, lui, tire la sonnette d’alarme. « Notre pays vit une crise grave, périlleuse et multi -dimensionnelle», cite le communiqué du Parti des travailleurs publié aujourd’hui. Pour sortir de ce marasme , le parti de Hamma Hammami et ses alliés dans le Front populaire, préconisent un ensemble de mesures urgentes et immédiates.

Il s’agit premièrement de la suspension de la dette. La somme des 4.000 millions de dinars que rapporterait cette mesure, permettrait, selon Jilani Hammami, le porte-parole du Parti des Travailleurs, de financer des programmes sociaux au profit des plus démunis. Il serait tout aussi urgent d’arrêter la vente irréfléchie des biens du peuple, de stopper l’évasion fiscale et de récupérer les avoirs spoliés. Le responsable a également mis en garde contre « l’inflation galopante, qui, avec un actuel taux de 6%, pourrait bien atteindre la barre de 10% d’ici la fin de l’année ».

Pour faire aboutir ce projet et « sauver le pays des périls intérieurs et extérieurs », le Parti des Travailleurs a décrété « la mobilisation générale » auprès de ses bases. Les militants de la gauche continueront de ce fait à promouvoir la coalition civile et politique créée autour de l’initiative du congrès national du salut.

Le Front populaire impulsera également une multitude d’activités : meetings populaires, manifestations et, surtout, sit-in d’une heure chaque mercredi devant le ministère de l’Intérieur et dans les régions afin de faire avancer l’affaire Chokri Belaid, l’ancien leader du Parti des patriotes démocrates unifié (PPDU). « Chokri Belaid dont l’assassinat a fait souder davantage les composantes du Front Populaire », a assuré Hamma Hammami, en riposte aux rumeurs faisant état d’une certaine « divergence  » entre le Parti des travailleurs et le PPDU.

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