Les techniciens supérieurs de la santé observeront une grève ce mercredi 27 février

Mohamed Habib Zoghlami est anesthésiste – réanimateur exerçant à l’hôpital régional du Kef. Tout comme ses collègues techniciens supérieurs de la santé, adhérents à la CGTT, il observera ce mercredi 27 février une grève d’une journée. Présent ce matin, au siège de la CGTT, lors de l’annonce de la grève, l’anesthésiste, également secrétaire général de la Confédération régionale des techniciens supérieurs de la santé dans la région du Kef, est revenu sur les causes du mouvement protestataire. Outre les conditions difficiles d’exercice et le manque de matériel et de médicaments, notamment dans les hôpitaux des régions intérieures, les techniciens supérieurs s’estiment en effet ignorés par l’Etat et leur profession serait même menacée de disparition. Ils reprochent au ministre de la Santé de ne pas avoir donné suite aux multiples demandes de la CGTT, et  ce, depuis un an déjà,  pour discuter de la réforme prévue du secteur. Des responsables du ministère auraient carrément expulsé les syndicalistes de la CGTT en leur disant qu’ils ne traitaient qu’avec l’UGTT. La CGTT regroupe pourtant plus de 2.000 techniciens supérieurs, tandis que l’UGTT n’en encadre que 500.

La réforme prévue

C’est ce qui irrite les techniciens supérieurs de la santé : « Nous refusons catégoriquement le projet de cette réforme qui ne prend pas en compte les spécificités de notre profession et nous répertorie, sans notre aval, avec d’autres catégories. Pis encore, cette réforme a été confiée à une certaine unité centrale de formation continue, composée de quelques professeurs du paramédical, dont on n’ en sait rien des critères de leur sélection !», s’est ainsi indigné Lassaâd Beldi,  secrétaire général de la Confédération des techniciens supérieurs de la santé. Mais le syndicaliste s’est notamment montré préoccupé des manuels de l’enseignement. Avec la réforme irréfléchie du LMD, la marginalisation de la profession par le gouvernement et sa propension à préférer plutôt la formation d’infirmiers spécialisés, plus d’une vingtaine de cursus purement techniques (anesthésiste,  sage-femme, diététicien, orthoprothésiste, orthophoniste…) risquent d’être vidés de leur valeur scientifique et académique. Réformer la profession nécessite, selon Lasaad Bedoui, une consultation nationale large qui fasse appel à toutes les parties prenantes.

L’autre «  importante » revendication des affiliés de la CGTT est l’octroi par le ministère de la Santé d’un unique carnet de soins gratuits au profit de tout le personnel médical et paramédical. A ce jour, seulement les affiliés de l’UGTT bénéficient de ce carnet. « Injustice » qui révolte les syndicalistes de la CGTT et met à l’écart plusieurs autres milliers de travailleurs non affiliés à aucun  syndicat.

Cette grève va, selon Habib Guiza,  secrétaire général de la CGTT, au-delà des « revendications légitimes » des techniciens supérieurs de la santé, pour refléter la politique irresponsable du gouvernement qui n’aurait pas encore assimilé l’importance capitale du principe de la liberté et du pluralisme syndicaux. Des principes qui sont pourtant prescrits par la loi tunisienne (article 335 du Code du travail) et protégés par les législations internationales.

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