La chancelière allemande en visite à Ankara pour relancer l’adhésion à l’UE

Angela Merkel est en visite, aujourd’hui, lundi 25 février, en Turquie pour des entretiens politiques avec les dirigeants turcs, qui attendent qu’elle confirme sa promesse, après celle exprimée par la France, de relancer le processus d’adhésion de leur pays à l’Union européenne (UE).

Au lendemain de sa visite dimanche aux soldats allemands qui servent deux des batteries de missiles sol-air Patriot, déployées par l’Otan sur le territoire turc pour le protéger d’une éventuelle attaque syrienne, Mme Merkel doit retrouver à Ankara le président Abdullah Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Traditionnellement hostile à son entrée dans l’Europe, la chancelière a fait un petit pas en direction de la Turquie, à la veille de cette visite en annonçant sa volonté d’ouvrir un nouveau chapitre des négociations d’adhésion.

« Ces négociations ont un peu piétiné ces derniers temps et je suis favorable à l’ouverture d’un nouveau chapitre dans ces négociations, afin que nous puissions un peu avancer », a-t-elle lancé dans un message vidéo diffusé par la chancellerie.

Mais Angela Merkel a immédiatement ajouté qu’un « long chemin » restait à parcourir dans ces discussions et surtout redit tout son « scepticisme » quant à leur issue.

Tourner le dos à l’Europe?

Son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle a lui aussi défendu la relance du processus en mettant en garde contre le risque de voir la Turquie, et son économie en forte croissance, tourner le dos à l’Europe. « Si nous n’y prêtons pas attention, l’heure viendra où l’Europe sera plus intéressée par la Turquie que la Turquie ne sera intéressée par l’Europe », a-t-il dit.

Pourtant, un sondage publié dimanche dans le Bild am Sonntag, près des deux tiers des Allemands (60%) restent toutefois hostiles à une adhésion turque.

Hostilité

La Turquie a entamé en 2005 des négociations en vue de rejoindre l’UE, mais les pourparlers patinent, en raison de l’hostilité de pays européens comme la France et l’Allemagne à sa pleine adhésion, mais aussi de blocages d’Ankara liés à la question de Chypre, dont les troupes turques occupent depuis 1974 la partie nord.

Avant Berlin, Paris a ouvert la voie à un déblocage au début du mois, en se disant prêt à lever son veto sur un des cinq chapitres de discussion bloqués par l’ex-président Nicolas Sarkozy, farouchement hostile à l’entrée de la Turquie dans l’UE.

Double nationalité et lutte contre le terrorisme

Côté turc, M. Erdogan doit plaider à nouveau auprès de son invitée pour la reconnaissance de la double nationalité en faveur des quelque 3 millions de personnes d’origine ou de nationalité turques qui vivent en Allemagne. La chancelière y est opposée, mais son opposition sociale-démocrate la soutient.

Les discussions entre les deux dirigeants doivent également porter sur la question sensible de la lutte contre le terrorisme.

Après l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris et l’attentat-suicide qui a visé au début du mois l’ambassade des Etats-Unis à Ankara, Erdogan a dénoncé la complaisance des autorités allemandes à l’endroit des militants kurdes ou de l’extrême gauche qui vivent sur son territoire.

Rappelons que l’Allemagne constitue le premier partenaire économique européen de la Turquie, loin devant l’Italie et la France.

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