Trop, c’est trop !

Telle est bien l’opinion de millions de Tunisiennes et de Tunisiens, confrontés depuis plus de deux années à la flambée des prix. Ils sont, pour une fois, unis depuis les élections du 23 octobre 2011, sur un sujet qui les inquiète tous : l’augmentation des prix.

Triste réalité : la hausse des prix est devenue comme une plaie béante. Elle concerne pratiquement tous les produits. Elle  est  désormais ressentie au quotidien et elle a touché toutes les catégories sociales, du plus pauvre au plus riche.

Pour se faire une idée sur ce phénomène, les chiffres officiels sur l’indice des prix ne laissent aucune chance au doute.

En septembre 2011, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,6%, contre +0,3%, en septembre 2010. L’indice  des prix à la consommation familiale, en janvier 2013, a augmenté de 0,8% par rapport à décembre 2012.

En janvier 2013, le taux d’inflation a atteint  6%.

Il est de 8,6% pour l’alimentation et boissons, le plus important taux enregistré depuis sept ans. Le taux d’inflation de l’énergie est monté à 4,6% en janvier 2013, soit le même taux que celui enregistré en janvier 2012. Le taux d’inflation des produits libres a été de l’ordre de 7,3% alors que celui des produits subventionnés frôle les 3% .Il s’agit des mêmes taux que ceux enregistrés en 2012.

Trop, oui c’est trop ! Cela menace la concorde sociale et va certainement accroître les revendications sociales et aggraver le climat général qui est déjà morose vu les tractations politiques. Celles-ci sèment de plus en plus le trouble dans le pays. A preuve, la valse-hésitation concernant le remaniement ministériel  de ces dernières semaines n’incite guère à l’optimisme. Les prédateurs continuent à spéculer et à augmenter les prix. Les contrebandiers, aujourd’hui imperméables à tout contrôle, continuent de prendre en otage le pain des consommateurs tunisiens.

Ni le contrat social, ni les gouvernements  successifs n’ont pu stabiliser les prix. Le pouvoir en place n’a certes pas besoin de l’aval de  l’opposition pour s’attaquer à ce phénomène. Délesté de son argent et ayant perdu tout espoir, le citoyen tunisien ne peut plus supporter une telle charge, du jamais vu depuis des décennies. Rien ne semble inciter à l’optimisme. Tout est voué à l’échec si rien  n’est fait dès à présent pour stopper  cette spirale  des prix. Malheureusement, il est  d’autant plus improbable aujourd’hui que nos gouvernants veuillent s’attaquer à ce phénomène que le temps est plutôt à l’avidité et au partage du gâteau. Il est clair que  le prochain gouvernement ne pourra gagner l’adhésion de l’opinion publique qu’en s’attaquant en premier au phénomène de l’inflation. Une opportunité à saisir impérativement avant que les choses ne virent au cauchemar.

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