Les bilans à l’heure des pépites économiques

Des 100 000 emplois créés à une croissance économique cumulée de 5,5%, en passant par la baisse du nombre des chômeurs et un endettement bien meilleur que celui des pays européens, des pépites économiques sont envoyées ça et là pour, semble -t-il , étayer un bilan. Nous prenons quelques-unes pour mieux cerner leurs fondements et apporter, s’il y en a, une correction de trajectoire.

Il y a des déclarations auxquelles il ne faut pas prêter attention sauf que d’une répétition à une autre, elles deviennent pesantes avec leur  transformation en vérité absolue basée sur des chiffres utilisés contre le bon sens. Au hit parade de ces déclarations bizarres, il y a celles que n’ont cessé de répéter le ministre de l’Emploi, M. Abdelwahab Maatar et le ministre de la Santé, M. Abdellatif Mekki.

Commençons par le ministre de l’Emploi qui, sur chaque plateau de télévision, avance un actif de 100 000 emplois créés grâce à l’effort soutenu du gouvernement et surtout à son ministère, ce qui est tout à fait louable, pour démontrer l’apport de l’administration gérée par ses soins.

Avant d’apprécier ce chiffre, arrêtons-nous un peu sur sa composante et surtout sa portée économique. La création des 100 000 emplois, auxquels le ministre de la Santé a rajouté  5 000 autres sur un plateau de télévision, a été pour 25 000 dans l’administration et, forcément, de 75 000 dans les structures de production et de services.

Pour l’administration, le chiffre semble être bon sauf qu’en matière de création de richesse, les 25 000 emplois n’y contribuent guère, bien au contraire. Certes, ce seront des nouveaux salaires qui vont entraîner une demande additionnelle ou, selon les cas, entretenir l’inflation, mais ces emplois n’ont pas de contrepartie économique. Le mérite de créer 25 000 emplois dans  une administration, déjà pléthorique avec plus de 2,5 fois les besoins du pays en administratifs et qui s’accapare une très grande partie du budget de l’Etat, n’est vraiment pas une prouesse. Sachons raison garder et ne pas le proclamer en haut mérite quand on mesure son impact sur les comptes de la nation.

Pour les 75 000 restants, Monsieur le Ministre semble oublier, ou ignorer, que l’économie est un stock et que si nous produisons  dix dinars alors qu’il y a une destruction de quinze autres, c’est que nous ne sommes pas performants avec le moins cinq dinars issu de la sommation.

L’économie nationale a perdu  entre 2011 et 2012 près de 200 000 emplois; le ministre de l’Emploi parle de 130 000, soit. Une création de 75 000 pour une perte de 130 000 n’est pas, en consolidé, une opération positive sauf pour ceux qui s’entêtent à croire en la magie. Plus grave, si l’on veut « affecter », pour des raisons politiques, les 130 000 à l’exercice 2011, la performance de création de 2012 même avec ses supposés 75 000 emplois créés est médiocre. En effet, les économistes s’accordent sur le fait que sur deux années, l’économie du pays a presque réalisé du surplace. Un moins 2,2% en 2011 et un 3,5% en 2012 (2,8% selon les prévisions du FMI).

Retrouvez la suite de cet article dans les colonnes du Magazine L’Economiste Maghrébin – n°599 – du 20 février au 06 mars 2013

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here