Un appel à la vigilance contre les périls du monde virtuel

« Connecti Ama Respecti ! » : dans un langage simple et familier, le slogan de « la Journée de la sécurité Internet » s’est voulu léger, accrocheur et proche des enfants et des adolescents, principale catégorie vulnérable face aux dangers que pourrait présenter l’espace virtuel. « Connecti Ama Respecti » (Connecte-toi, mais sois respecteux !) est aussi le slogan de la campagne nationale lancée par l’Association Tunisienne du Droit à  l’Informatique et à l’Internet (ATDII) en partenariat avec l’Ecole supérieure de l’économie numérique de Tunis (Université de La Manouba) et l’Observatoire de la jeunesse. Dans une conférence organisée ce matin, des représentants des parties organisatrices ont introduit l’évènement et la campagne, en développant plusieurs réflexions autour de la question des droits et des responsabilités en ligne.

« La liberté d’Internet après la révolution est certes un acquis important, mais la liberté est régie par un ensemble de règles et de limites éthiques et juridiques », a déclaré Naoufel Ben Ahmed,  président de l’ATDII. C’est que, selon lui, la levée de la censure après le 14 janvier a fait d’Internet un espace  ouvert. Les internautes tunisiens sont  depuis de plus en plus exposés à toute forme de cybercriminalité. Les mineurs, de plus en plus accros, sont les plus sensibles à la violence virtuelle. «  Survient ici le rôle des parents qui se doivent de protéger leurs enfants », a souligné le président de l’ATDII, tout en montrant un guide que l’association a conçu à l’usage des parents. Didactique et bien illustré, le guide est un appel à la vigilance qui regroupe un ensemble de mesures pratiques, telles que l’installation d’un logiciel de contrôle parental, et surtout la sensibilisation des mineurs et le développement de leur esprit critiques face à internet, en tant que lieu public.

« Un lieu public, où la loi est applicable », a tenu à rappeler Chamseddine Ethani Barnat, membre de l’association. Juriste de formation, il a surtout insisté sur le fait que la responsabilité civile et pénale est reconnue dans le domaine virtuel et que  les lois y afférentes sont applicables aux auteurs des délits et crimes virtuels quand ceux-ci sont identifiés d’où l’importance , selon lui, de l’identification de l’auteur du délit ou du crime pour faire régner la loi. Du même avis, Rim Jallouli, directrice de l’École Supérieure de l’Economie Numérique, a exposé les problèmes que pose l’identité virtuelle. Spécialiste en webmarketing et en profilage et ciblage dans le secteur économique, elle a énuméré les genres d’identités numériques.

Courte, calculée ou falsifiée, l’identité virtuelle varie selon les intentions des internautes, et l’usurpation d’identité, la technologie aidant, est de plus en plus facile. D’où, a-t-elle estimé, la nécessité de l’enseignement et de la vulgarisation de la « veille virtuelle ». C’est que le savoir scientifique devrait s’allier aux efforts de la société civile afin de protéger les jeunes internautes tunisiens contre les assauts et les contenus violents de la Toile. « Des workshops seront d’ailleurs tenus dans les collèges et les écoles pour initier les élèves aux lois de la citoyenneté en ligne et les aider à apprendre à utiliser Internet en toute sécurité », a annoncé le président de l’ATDII.

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