La Tunisie dans l’impasse?

Dans ce climat de crise économique et politique, de violence et d’insécurité, de plus en plus de Tunisiens souffrent et se retrouvent dans la pauvreté et la précarité. Ils sont totalement perdus et inquiets face à l’instabilité politique et économique. Alors que beaucoup de nos politiciens se livrent avec acharnement à des combats pour conserver, conquérir ou reconquérir le pouvoir et les fauteuils, le peuple se retrouve pris en tenaille entre les divers courants antagonistes et risque de payer le prix fort.

Pour diriger le pays, la Tunisie a besoin d’hommes d’Etat qui mettent l’intérêt suprême de la Nation au dessus de toute considération partisane, sinon nous irons à la catastrophe.

Il est urgent que tous les partis politiques entament un dialogue dans un esprit de tolérance et trouvent un compromis, pour faire face à la violence et pour sauver le pays. Ils doivent s’entendre sur un programme de gouvernement provisoire de salut national pour les quelques mois qui nous séparent des prochaines élections qui permettrons au peuple tunisien de choisir librement et démocratiquement ses dirigeants.

De même l’ANC doit terminer la rédaction d’une constitution consensuelle dans les prochaines semaines, engager les élections et ainsi elle apaisera les attentes des Tunisiens et de nos partenaires étrangers, acteurs de notre développement économique.

Malgré les critiques attribuées au premier gouvernement post électoral, la démission de M Jebali crée un vide politique dans un climat d’insécurité, de conflit et de crise économique.

La structure de l’économie tunisienne était déjà bien fragile sous Ben Ali et les conséquences de la révolution et l’assassinat du leader Chokri Belaïd n’ont fait que plonger le pays dans la dépression.

Après un retour espéré au calme et pour sortir le pays du marasme, les prochains gouvernements auront des chantiers colossaux à entreprendre, en commençant par le tourisme, les investissements, la maîtrise des dépenses de fonctionnement de l’Etat, la récupération de l’argent public détourné par l’ancien pouvoir et ses alliés, la réforme fiscale, la politique de développement régional, la lutte contre la corruption, la gestion de l’endettement, l’assainissement des banques publiques et la liste des réformes est encore longue.

Ainsi pour le tourisme, source d’emplois et de rentrées de devises, les prévisions pour l’année 2013 étaient prometteuses. Or, suite aux évènements de l’ambassade américaine et l’assassinat de Chokri Belaïd, la prochaine saison estivale pourrait être compromise. Si cette prévision se confirme, les pires conséquences sont à craindre pour notre économie, avec des centaines de milliers d’emplois directs et indirects menacés. Les difficultés, voire les fermetures d’hôtels aboutiront en plus de l’aggravation du chômage, au non remboursement des dettes bancaires et contribueraient à déstabiliser le système bancaire déjà très fragile et au bord de l’asphyxie.

Le retour au calme, des actions de reconquête des marchés traditionnels et nouveaux permettraient peut être de sauver la prochaine saison touristique.

Nos partenaires étrangers, ainsi que les investisseurs privés tunisiens, attendent en plus de la sécurité et de la stabilité, l’élaboration d’un cadre législatif clair et la parution du nouveau code d’investissement pour pouvoir engager des investissements.

Une politique de développement régional public et privé permettra d’engendrer de la croissance et de créer des richesses et de l’emploi à l’intérieur du pays dans les zones sinistrées.

Mais dans les conditions actuelles de conflits et d’instabilité, un taux de croissance à deux chiffres, préconisé par certains analystes, ne peut être envisagé sérieusement, sauf dans les discours électoraux et encore!

De même, l’inflation galopante actuelle et le chômage constituent un frein à une reprise économique par la consommation. L’action du gouvernement pour la maîtrise des prix soulagera le portefeuille des plus démunis et contribuera à la stabilisation des équilibres économiques.

Quant au déficit de la balance commerciale, il est dû en partie à la baisse des exportations et à l’augmentation anormale de l’importation des biens de consommation.

Une politique de maîtrise de la banque commerciale et du déficit budgétaire est nécessaire pour arriver aux équilibres économiques.

Cependant financer les déficits du budget et de la balance commerciale par des emprunts extérieurs en devises ne fait qu’aggraver l’endettement du pays et transfère sur l’avenir le financement de la consommation, sans se soucier de l’incapacité de remboursement de ces emprunts en devises. Cette situation d’insolvabilité pourrait mettre le pays sous le contrôle des organismes internationaux (FMI-BM) et ferait perdre à la Tunisie sa souveraineté dans la conduite de sa politique économique.

Pour sortir de la crise et éviter la défaillance, il est primordial de combattre toutes formes de violences, pour retrouver la paix et la sérénité. Il faut que certains hommes politiques s’arrêtent de s’agripper aux sièges à tout prix et qu’ils respectent la volonté électorale populaire, source de démocratie. Le pays, aspirant à la liberté et à la démocratie, ne peut plus et ne veut plus subir les vieilles combines politiciennes.

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