Hamadi Jebali démissionne et ne s’engagera dans une nouvelle expérience “que sous conditions”

Le Chef du gouvernement provisoire Hamadi Jebali a annoncé, lors d’une allocution télévisée depuis le palais de Carthage, mardi soir 19 février, qu’il a présenté sa démission au Président de la République provisoire Moncef Marzouki.

« Je m’étais engagé à démissionner si l’initiative de former un gouvernement de compétences apolitiques ne réussissait pas et c’est ce que j’ai fait aujourd’hui» , a-t-il lancé, soulignant que « cet échec et cette démission ne sont pas un échec de la Tunisie ou de sa révolution ».

« Cette démission ne signifie pas un manquement au devoir », a-t-il encore insisté, indiquant avoir demandé à tous les membres du gouvernement, lors du conseil ministériel tenu ce mardi, de poursuivre leurs activités au service du peuple et de l’Etat.

« Nous nous emploierons à assurer la pérennité de l’Etat et la continuité de ses services et veillerons à ce qu’il n’y ait pas un vide politique et institutionnel à tous les niveaux », a-t-il assuré.

Hamadi Jebali a, en outre, noté que « le peuple tunisien est déçu par son élite politique et il est impératif de rétablir la confiance », relevant dans ce sens que sa démission « est un pas pour restaurer la confiance » et constitue « une épreuve pour tous les acteurs et partis politiques ».

Au sujet de son éventuelle candidature à la présidence du prochain gouvernement, Hamadi Jebali a souligné être « toujours convaincu par la nécessité de former un gouvernement de compétences nationales apolitiques », se disant toutefois  « prêt à rester au service du peuple » à condition que le prochain gouvernement soit « à l’abri de tous tiraillements politiques et qu’il assure une plate-forme favorisant un dialogue national sans exclusions et fixe, en particulier, une date pour les prochaines élections ».

Et d’ajouter, « je ne m’engagerai dans une nouvelle expérience que si la date des élections est fixée, et avant cela la Constitution parachevée ».

Le plus important, a insisté Hamadi Jebali, c’est d’apporter une vision plus claire aux tunisiens, aux acteurs économiques et sociaux et à l’opinion publique nationale et internationale.

« Le prochain gouvernement, même s’il est de coalition, doit être le gouvernement de tous les tunisiens et défendre le droit de tous les citoyens de se réunir et de manifester librement”, a encore insisté M. Jebali, ajoutant que « l’Etat doit assumer sa responsabilité de garantir les libertés, et ne permettre à aucune partie, organisations, ou comités, de se substituer à son rôle”.

Relevant que « ces conditions sont une sorte de contrat moral conclu avec le peuple tunisien », Hamadi Jebali a affirmé qu’il ne « briguera aucun poste, quel qu’il soit » et qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections. Il a assuré, également, qu’il veillera à ce que les membres d’un éventuel gouvernement qu’il présidera ne se présentent pas.

« J’ai tiré les leçons des concertations avec les partis politiques et réalisé que l’initiative ne pouvait pas aboutir », a-t-il indiqué, précisant « je n’accuse personne et ne fais porter la responsabilité à aucune partie, mais il faut cesser les échanges d’accusations et les conflits parce que le peuple en a assez », a-t-il conclu.

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