Jebali entame des négociations les mains liées

En attendant la réunion que tiendra le chef du gouvernement Hamadi Jebali avec les chefs des partis cet après midi, les spéculations vont bon train sur l’issue de ce qu’on appelle déjà la dernière chance pour le secrétaire général d’Ennahdha.

Il y a d’abord le conseil consultatif d’Ennahdha qui, après une réunion de deux jours, a officiellement rejeté la proposition de Jebali sur la formation d’un gouvernement de technocrates qui selon lui ne convient pas  au pays. Le Conseil a, à ce propos, opté pour un gouvernement de coalition qui pourra le cas échéant être renforcé par des technocrates.

Cela nous renvoie à ce qui a filtré de la réunion tenue vendredi dernier. Selon nos sources, Rached Ghannouchi a été clair. Ennahdha est disposée à lâcher les ministères des Affaires étrangères et de la Justice. Mais pas un iota de plus. Pour Ghannouchi, lors de cette réunion de vendredi, Ennahdha a tenu le bâton par le milieu et c’est donc aux autres d’en faire autant.

Seulement voilà. Tenir le bâton par le milieu ne semble pas satisfaire tout le monde. Pas le CPR qui vient d’imploser.  Selon les premiers renseignements que nous avons, la démission du couple Abbou fait suite à un vote du bureau politique du parti  qui aurait, à la majorité, accepté de tenir le bâton par le milieu, comme voulu par l’homme fort d’Ennahdha et, pis encore, accepté par le président Marzouki.

Et  les démissionnaires du CPR ne sont pas les seuls à refuser ce choix d’un gouvernement hybride. A Nidaa Tounes, on le refuse aussi. Béji Caïd Essebssi  l’a bien signifié lors d’une autre réunion, le même jour. Un gouvernement de technocrates, avec des prérogatives claires pour la Constituante qui ne devra rien faire d’autre qu’écrire la Constitution sinon rien.  Un message clair d’Essebssi, faut-il encore qu’il assure ses arrières, en l’occurrence l’Union pour la Tunisie qui le lie à El Massar et El Jomhouri. Des indiscrétions font en effet état d’un éventuel accord entre Ennahdha et el Jomhouri, suite à des réunions tenues la semaine dernière entre Ghannouchi et  Ahmed Nejib Chebbi. On dit à ce propos que ce dernier aurait accepté l’éventualité d’un gouvernement mixte.

Tout cela pour dire qu’à quelques heures de la réunion de cet après-midi, rien n’est encore clair; surtout qu’Hamadi Jebali n’arrive même pas à réunir ce gouvernement de technocrates. Lors de la réunion de vendredi dernier la question a été posée, nous dit-on, et Jebali n’avait pas de réponse, ce qui n’est pas de bon augure.

En tout cas, Jebali joue sa tête aujourd’hui. Il paraît que les noms de ses éventuels successeurs sont déjà sur le bureau de Ghannouchi. On parle d’Abdelatif Mekki, l’actuel ministre de la Santé et de Mohamed Ben Salem, le ministre de l’Agriculture, qui a affirmé ce matin, avec certitude, que le prochain gouvernement sera connu jeudi prochain. A moins qu’il arrive prédire l’avenir, Ben Salem sait vraisemblablement quelque chose que nous ignorons encore.

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