Le bloc d’Ennahdha à l’ANC : Est-ce les premiers signes d’une fissure ?

Le bloc d’Ennahdha, qui a jusque-là fait preuve d’une  discipline lors du vote et dont  les élus étaient toujours sur la même longueur d’onde lors de leurs déclarations à la presse, a donné à voir ces derniers jours un nouveau visage.

L’initiative de Hamadi Jbali est venue changer quelque peu la donne. En effet et pour la première fois, les déclarations des élus d’Ennahdha se contredisent.
Une semaine en arrière, on n’aurait jamais cru entendre Fattoum Lassoued, du bloc Ennahdha,  déclarer que « Hamadi Jbali a eu le courage que personne dans le paysage politique n’a eu », affirme-t-elle malgré la consigne donnée par Montplaisir d’éviter les déclarations sur le sujet.

Fattoum Lassoued va plus loin en accusant le CPR d’être derrière tous les maux. « La prise de position du CPR me désole. Comment un ministre du CPR ose-t-il dire que l’initiative de Jbali est un putsch manigancé par l’ancien régime ? Comment osent-ils dire ça ? Hamadi Jbali a mis sur la balance sa carrière politique et rien que pour cela je le soutiendrai. Au moins lui il a eu le courage que certains n’ont pas eu. Il a essayé. Il peut réussir comme ne pas réussir, mais du moins il aura eu le mérite de l’avoir fait ».

Est-ce là les déclarations d’une brebis galeuse ? On peut penser que non surtout lorsqu’on entend Farida Laabidi, élue d’Ennahdha, parler du « droit de chacun de s’exprimer librement et d’être en son âme et conscience pour ou contre l’initiative de Jebali. Cela ne peut qu’enrichir la démocratie dans le pays et dans le parti ».

Doit-on pour autant croire à la fissure ? La même Farida Laabidi relativise : « Ils ne sont que trois ou quatre élus d’Ennahdha qui ont exprimé leur soutien à l’initiative de Hamadi Jebali ». Certes. Mais une cassure commence toujours par une petite fissure.

En tout cas, ces craintes ont été balayées d’un revers de la main par Noureddine Bhiri qui a encore une fois affirmé hier qu’Ennahdha, en tant que parti démocratique, lorsque « la majorité prend une décision, la minorité doit s’incliner et défendre l’avis de la majorité ».

A Ennahdha on ne craint donc pas une dispersion de vote le cas échéant si Jebali s’entête à présenter quelque chose contre l’avis du Conseil consultatif du Mouvement. Il n’en reste pas moins qu’Ennahdha vient de montrer un nouveau visage. Un visage autre que celui qu’on jusqu’au là montrer, celui d’un parti soudé.

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