Un gouvernement de compétences nationales et un congrès national de salut… immédiatement !

Quelques heures avant la rencontre qui devait les réunir avec le Chef du gouvernement, les alliés de l’Union pour  la Tunisie ont tenu un point presse ce matin, question de rappeler leur prise de position quant à l’initiative de Hamadi Jebali et d’exposer leur évaluation de la situation politique actuelle.

Les leaders des cinq partis « démocratiques » du centre et de la gauche modérée  se sont tous dits favorables à la formation d’un gouvernement de compétences nationales non-partisanes. L’initiative de Jebali pour former un gouvernement de  technocrates s’accorde en effet avec  les multiples appels qu’ils avaient lancés depuis des mois déjà pour mettre en place un gouvernement de crise.

Ce gouvernement prôné aurait, selon Maya Jeribi, la secrétaire générale d’Al-Joumhouri , pour mission d’expédier les affaires de ce qui reste de la période transitoire, que tout le monde devrait raccourcir au maximum. Pour Samir Taïeb, le porte-parole d’Al-Massar, ce gouvernement s’impose vu l’état actuel des choses : situation sécuritaire désolante, violence et assassinats politiques, détérioration du pouvoir d’achat, inflation, endettement, a-t-il énuméré, avant de dresser le plan d’action de l’Exécutif espéré. La première priorité serait de mettre un terme à l’instabilité sécuritaire en démantelant les ligues pour la  protection de la révolution et les partis politiques qui prônent la violence. Cette mesure devrait, selon Taïeb, s’associer à la neutralisation immédiate et indiscutable des ministères régaliens. Sans un ministère de l’Intérieur, ni un ministère de la Justice qui soient non-partisans, jamais la confiance des Tunisiens en  leurs institutions ne sera rétablie, a tenu à souligner Samir Taïeb. Egalement député à l’ANC, celui-ci a estimé qu’un tel gouvernement permettrait à la Constituante d’aller de l’avant dans ses missions principales, à savoir la rédaction de la Constitution et l’élaboration des lois relatives aux instances de régulation des élections, de la magistrature ou encore des médias, instances névralgiques et nécessaires pour la réussite de la  transition démocratique.

Une transition qui se trouve, selon Taïeb Baccouche,  porte-parole de Nidaa Tounes, dans une bifurcation critique dangereuse. D’où, a-t-il préconisé, l’urgence d’un congrès national de salut. Ce cadre représenterait un cadre adéquat pour un dialogue large et inclusif. «  Et cette fois, personne ne doit boycotter le dialogue, tout le monde doit y prendre part, et ce, pour sauver la Tunisie. Le congrès peut émaner de la deuxième partie de l’initiative de l’UGTT», a renchéri Taïeb Baccouche, faisant allusion à Ennahdha et au CPR qui avaient, en octobre dernier, boycotté l’initiative de l’UGTT pour le dialogue national.

Pour ce qui est de la teneur de leur réunion d’aujourd’hui avec Hamadi Jebali, qui s’entretiendra également avec toutes les composantes du spectre politique tunisien, les dirigeants des cinq partis ont refusé de se prononcer.

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