Mourou: « Le peuple ne veut plus d’Ennahdha »

Crédit photo Marianne

L’hebdomadaire Marianne publie aujourd’hui, vendredi 15 février, une interview « explosive » d’Abdelfatah Mourou, le vice-président du mouvement Ennahdha, donné le 14 février, dans sa villa à la Marsa.

Voici quelques extraits de ce savoureux entretien:

– « Je suis le fondateur du mouvement Ennahdha! Bien avant Rached Ghannouchi qui m’a rejoint ensuite. J’ai tenté de le tirer vers la modernité… Je l’ai quitté et puis je l’ai rejoint à nouveau après le dernier congrès de juillet 2012. Les jours passés au pouvoir par Ennahda sont une leçon: ils prouvent qu’il ne suffit pas d’être musulman pour guider les gens. Il faut pouvoir s’en faire aimer et connaitre leurs besoins. Il y a quelques jours, j’ai demandé à Rached Ghannouchi s’il pouvait circuler sans peur en Tunisie. Il m’a répondu que non, qu’il avait peur des gens (NDLR: à la suite du meurtre de Chokri Belaid, la foule des opposants a régulièrement conspué Ghannouchi, accusé par la rumeur d’avoir placé des polices parallèles au ministère de l’Intérieur). Je lui ai demandé: comment expliques-tu que le peuple tunisien veuille te chasser? Il n’a pas répondu. Je lui ai dit que moi, je circulais à pied, partout, et que chacun me saluait en souriant ».

– « Rached Ghannouchi doit se retirer pour que d’autres puissent instaurer la paix sociale en Tunisie. Nous avons besoin de dix années de paix pour faire de notre petit pays un nouveau Singapour. Rien ne nous manquera pourvu que nous ayons la liberté entre nos mains. On n’a pas fait la révolution pour donner les clés du pays aux salafistes et aux ultras de la gauche… ».

– « La place d’Ennahda est dans l’opposition et elle y restera pendant 20 ans. C’est ce que je prédis, moi son fondateur et son vice-président. Le peuple tunisien ne veut plus d’Ennahda. Il faut que le temps passe et qu’on oublie ses fautes. Il faut qu’une nouvelle génération apprenne à concilier l’islamité et la modernité. Parce que le problème de la Tunisie ne se situe pas entre les islamistes et les laïques. La clé, c’est la modernité. Sommes-nous capables d’une alliance entre l’islam et la démocratie ? »

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