PPDU: « Nous ne faisons confiance ni au ministère de l’Intérieur ni à celui de la Justice »

Le Parti des patriotes démocrates unifiés (PPDU) a tenu, ce matin, une conférence de presse, la première en l’absence de son secrétaire général, assassiné le 6 février dernier. Absent, Chokri Belaïd a toutefois occupé le siège central de la tribune. A droite et à gauche de son portrait ont pris place  Mohamed Jmour et Zied Lakhdhar, ses collègues au parti et ses camarades de longue date. Les deux dirigeants sont tour à tour revenus sur le parcours de Chokri Belaïd, l’homme, l’ami, le politicien et le leader, mais ils ont surtout exposé l’analyse de leur parti sur la situation politique critique que vit le pays.

Mohamed Jmour  a, en effet, rappelé que la «  très tardive » initiative du Chef du gouvernement portant sur la formation d’un nouveau gouvernement de technocrates avait déjà été proposée par Chokri Belaïd, bien avant les élections du 23 octobre 2011. Le PPDU n’est donc pas opposé à cette initiative qu’il a été le premier à appeler. Mais le responsable a insisté sur le fait que la prise de position du PPDU n’est en aucun cas dissociée de l’orientation du Front Populaire auquel il appartient.

Se prononçant sur l’assassinat de Chokri Belaïd, « le martyr de la patrie, de la nation et des courants de libération dans le monde entier », Zied Lakhdher  a réitéré les accusations à l’encontre du gouvernement et du parti Ennahdha: « nous les tenons politiquement pour responsables de l’assassinat de Chokri », a-t-il martelé. Quant à la responsabilité pénale de cet assassinat, c’est une prérogative des autorités, a-t-il estimé. Mais, il a toutefois affirmé que son parti, ainsi que la famille du défunt, ne font confiance ni au ministère de l’Intérieur, ni à celui de la Justice. Il n’a de ce fait pas exclu le recours à la justice internationale pour faire triompher la vérité: « nous n’aimons pas recourir aux étrangers et durant toute notre existence, nous n’avons jamais claqué la porte d’aucune ambassade, mais aujourd’hui, s’il le faut, nous ferons appel à la Cour pénale internationale pour identifier les criminels », a-t-il conclu.

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