Jean-Luc Mélenchon encourage la révolution et prône l’éco-socialisme comme piste pour le progrès humain

Crédit photo : www.jeanmarcmorandini.com

Jean-Luc Mélenchon a été hier l’invité du Forum tunisien des droits économiques et sociaux. Dans la salle comble de la maison de la Culture Ibn Rachik, le leader du Parti de gauche (PG) français a commencé par rendre hommage à Chokri Belaïd, la voix libre tue et tuée par les ennemis de la révolution. Cette révolution tunisienne, Jean-Luc Mélenchon l’a, lors d’un discours émouvant de plus d’une heure, positionnée dans un contexte plus large. « La révolution n’a de tunisien que son emplacement  », a-t-il assuré. C’est que, selon lui, l’élan contestataire de la révolution tunisienne et ses revendications ( emploi, liberté, dignité, justice sociale) relèvent de l’universel et inscrivent ainsi la Tunisie dans une mutation planétaire. Une « bifurcation quasi-totale », où plusieurs variables du système, allant du travail en passant par les moyens de production, jusqu’aux valeurs d’usage et d’échange des biens, commencent à se transformer profondément.

Cette « bifurcation » résultant de la transformation de la condition humaine intervient à la suite des transitions démographique et écologique. Et ce changement de paradigme, Mélenchon, marxiste de doctrine, l’appuie par une lecture révisionniste de l’Histoire pour énoncer par la suite une nouvelle doctrine: l’éco-socialisme.

L’éco-socialisme est, selon Mélenchon, une alternative possible et abordable pour favoriser le progrès humain. Déjà, les autres tentatives pour atteindre le bien-être de l’humanité se sont avérées déficientes. « La Tunisie a montré l’échec des choix néolibéraux », a estimé le politicien français, tout en assurant que « la croissance réalisée par les gouvernements de Ben Ali résultait des politiques de dumping ». Cette même course effrénée pour le profit sanctifiée par le capitalisme aurait défiguré, en France et partout dans le monde, les rapports sociaux et vidé de son sens l’existence humaine. La morale avec tout ce qu’elle prêche de compassion et d’humanisme a été suppléée par la loi martiale du marché où cupidité et égoïsme sont les maîtres mots.

Et c’est bien une prise de conscience collective des limites du modèle capitaliste qui pavera, selon les dires du militant socialiste, le chemin de l’éco-socialisme. L’éco-socialisme est dès lors un système où chaque individu est responsable du sort de tous les autres. Mais au-delà de cette responsabilité collective et partagée, déjà évoquée depuis les années 60 où  les soixante-huitards révoltés chantaient «  chacun de vous est concerné », Jean- Luc Mélenchon insiste sur la composante écologique de sa doctrine: les hommes sont d’ores et déjà enclins à placer les défis écologiques en tête de liste de leurs priorités. L’écologie n’est plus un luxe intellectuel, ni une revendication à la mode, car c’est elle qui pèse sur l’échiquier géopolitique mondial, en y décidant des règles et en y orientant les déplacements des pièces. Le réchauffement climatique, la raréfaction de l’eau potable, l’épuisement des gisements de pétrole et de gaz, a énuméré Jean-Luc Mélenchon, sont certes à l’origine des mouvements migratoires déséquilibrés et de bien des conflits politiques, mais créeront dans un avenir proche plusieurs autres foyers de crise. Des crises qui semblent inéluctables sauf si l’éveil éco-socialiste planétaire se déclenche.

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