La BPCO: c’est pas normal!

C’est une maladie inconnue du public, pourtant elle est aussi fréquente que l’asthme ou l’insuffisance cardiaque chronique chez les individus âgés de plus de 40 ans et dix fois plus fréquente que l’épilepsie chez les individus du même groupe d’âge. La BPCO touche 3.7% de la population âgée de plus de 40 ans en Tunisie, et sera d’ici 2030 la quatrième cause de décès dans le monde et la troisième dans les pays en voie de développement. C’est à l’occasion d’une conférence, le 6 février 2013, que les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) ont annoncé les résultats d’une étude sans précédent (étude BREATH) sur cette affection, qu’ils ont réalisé dans la région du Moyen-Orient et l’Afrique (61894 personnes interrogées) , animée conjointement par les professeurs Ali Benkheder , Ridha Charfi et Mejed Beji.

La BPCO est l’abréviation de bronchopneumopathie chronique obstructive, un terme qui regroupe diverses affections responsables d’un rétrécissement des voies respiratoires dans les poumons rendant ainsi la circulation de l’air plus difficile que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des poumons. Cette maladie principalement due au tabagisme se traduit cliniquement, par une toux chronique, une difficulté à respirer ( ou dyspnée) et une émission de crachats récurrente.

Ces signes peuvent sembler « évidents » pour certains, d’ailleurs c’est ce qui constitue la difficulté de cette pathologie. Les symptômes sus décrits étant banalisés et mis sur le compte des conséquences « normales » du tabagisme et du vieillissement. On tousse ou on crache car on fume… c’est normal,  on est essoufflé car on se fait vieux. L’habitude, la banalisation ainsi que le manque d’information sur la maladie font que moins d’un tiers des cas de BPCO sont diagnostiqués, moins d’un tiers sont évalués de manière correcte. Quant au traitement, moins de 10% des traitements utilisés sont conformes aux recommandations thérapeutiques actuelles. Les personnes interrogées estiment ne pas connaitre que le tabagisme soit la cause de leur maladie dans 50 % des cas et 31 % des patients n’ont pas abordé avec leur médecin la possibilité d’arrêter le tabac, un comble!

L’impact de cette maladie est loin d’être négligeable, d’un point de vue économique. En effet, la BPCO est responsable de 1000 consultations, 190 visites aux urgences et 175 hospitalisation par heure dans l’ensemble des pays ayant fait l’objet de l’étude. L’étude montre que du fait de la maladie, 27 % des patients ne peuvent plus travailler à cause de problème respiratoires  et 48 % des personnes encore actives constatent un impact négatif sur leur travail.

La solution à tout cela? Lutter contre la banalisation des symptômes par l’information, mais surtout combattre le tabagisme. On a prouvé que ce fléau pouvait reculer à deux conditions: le stricte respect des lois anti-tabac et l’augmentation des prix des cigarettes.

Il faut donc espérer que l’étude « BREATH », parue en fin 2012, en ayant fournit des données essentielles sur cette affection, constitue un support aux autorités publiques pour des plans d’action pertinents et aux professionnels de santé pour une meilleure prise en charge de cette affection aussi fréquente qu’invalidante.

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