Chokri Belaïd:  » A quoi bon déposer une plainte judiciaire tant que le ministère de la Justice reste sous l’emprise de Nourdinne Bhiri ? »

De la violence encore de la violence…

Des intrusions, des attaques féroces contre les assemblées générales des partis de l’opposition, voilà ce à quoi nous sommes confrontés ces derniers jours. Trois partis ont été ciblés par des « inconnus »: d’abord Nidaa Tounes, puis le Parti républicain et dernièrement contre le Parti des patriotes démocrates unifié, le 2 février au Kef, lors d’un meeting présidé par le secrétaire général du parti Chokri Belaïd.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le parti victime de cette attaque a tenu une conférence de presse exceptionnelle, aujourd’hui au siège, présidée par son secrétaire général, afin de s’expliquer sur un certain nombre de points. Fidèle à ses prises de positions, Chokri Belaïd a confirmé sa condamnation de la violence et a rappelé les antécédents de la violence politique en Tunisie: «  quand Ennahdha s’est attaqué au meeting de Nidda Tounes à Djerba, elle a justifié son acte par le fait que ce parti est composé d’une majorité d’anciens membres de l’ancien  Rassemblement constitutionnel démocratique, mais en même temps Ennahdha coexiste avec le parti de l’Initiative composé entièrement de rcdiste, au sein de l’ANC ». Le problème n’est pas la présence des anciens membres du parti dissolu pour le militant de gauche.

Les circonstances de l’attaque ne sont pas sans poser maintes questions inquiétantes, car selon les propos de notre interlocuteur: «  le meeting a eu lieu à la maison de la Culture du Kef, à quelques mètres du district de la sûreté nationale et les autorités compétentes étaient au courant. Les forces de l’ordre n’ont pas réagi face à la foule violente qui s’est attaquée à la maison de la Culture en jetant les pierres  ». Cependant les membres du parti ont pu chasser les intrus et les faire reculer par les forces en présence.

Par la même occasion, il a adressé un message direct  au ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh, et au président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi: « la violence est une ligne rouge à ne pas franchir. Certes vous pouvez la déclencher, mais plus tard vous ne serez plus capable de la maîtriser. Elle est contre la révolution et le peuple. Seuls les traîtres et les mercenaires tireront profit de la violence ». Les noms de quelques agresseurs ont été cités en guise de confirmation car, quelques jours avant le meeting, quelques militants au sein du parti avaient reçu des menaces via téléphone et le ministre de l’Intérieur, contrairement à ses habitudes, a refusé de recevoir un appel téléphonique du parti avant le meeting. Coïncidence ou signes annonciateurs ?!

A quoi bon donc déposer une plainte judiciaire tant que le ministère de la Justice reste sous l’emprise de Nourdinne Bhiri, s’interroge Chokri Belaïd.

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