1, 124 million d’euros pour le vainqueur de la CAN 2013

Faut-il rire ou pleurer? Après avoir dévoilé la cagnotte que percevra le vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football qui se joue actuellement en Afrique du Sud, la CAF a fait germer dans l’esprit de certains amoureux du ballon rond une lancinante question. Comment une compétition qui soulève autant de foule, charrie autant de passion et mobilise autant d’énergie et de ressources, de tous ordres, n’offre pas suffisamment de revenus financiers à son illustre vainqueur? Si l’on peut facilement trouver des excuses pour expliquer la situation, jugée précaire, au cours des décennies 60, 70, 80, voire 90, périodes pendant lesquelles l’argent n’avait pas encore fait main basse sur le sport, comment l’expliquer aujourd’hui où le football est devenu une véritable industrie? Les principaux acteurs (joueurs), grâce à leurs  fortunes colossales, sont parmi les nouveaux maîtres du jeu économique et pèsent de de tout leur poids pour influencer la scène politique de leurs pays respectifs. Mais au-delà des montants faramineux que gagnent certains footballeurs africains dans des championnats européens et asiatiques, la situation en Afrique est loin de l’eldorado.

Tenez donc, le vainqueur de la coupe d’Afrique des nations, cette année 2013, va toucher la somme de 1.124 million d’euros. Seulement. Maigre. Insignifiant. Oui, pas assez, parce que comparé à d’autres compétions du même acabit sinon moindre, le montant avancé est un « poids plume ». Appréciez par vous-même: la sélection victorieuse de la Coupe du monde de football 2010 a reçu la somme de 30 millions de dollars (environ 20,5 millions d’euros). En cas d’élimination lors de la phase de poules, chaque équipe touchait, quoi qu’il arrive, neuf millions de dollars (5,9 millions d’euros). Au total, le montant des primes s’élèvait à 420 millions de dollars. Les 32 équipes qualifiées ont reçu 1 million de dollars pour couvrir les coûts de préparation. Les équipes éliminées en phase de groupes ont perçu huit millions. Le reste des gains des équipes suivantes était réparti comme ceci:

$9 millions – Groupes

$18 millions – Quarts

$20 millions – Demi-finales

$24 millions – Finalistes

$30 millions – Vainqueurs.

Qu’en est-il des compétitions à l’échelle régionale? Selon le journal sportif « L’Equipe », l’UEFA a opéré une augmentation de 26% sur les primes des équipes engagées en « Champions league » européennes. Ainsi, toutes les équipes qui participent à la phase de poule sont assurées de toucher un chèque de 7,1 millions d’euros. A cela, il faudra ajouter les différentes primes de 800 000€ pour chaque victoire… et 400 000€ par défaite! Ces enveloppes peuvent être gonflées si les équipes passent les différents tours. Ainsi, 3 millions d’euros pour un 1/8e de finale, 3,3 millions d’euros pour un 1/4, 4,2 millions d’euros pour une 1/2 finale. Le jackpot revient au vainqueur et au finaliste qui toucheront respectivement 9 millions et 5,5 millions d’euros.

 Les montants sont plus modestes, et commencent à s’amenuiser, lorsqu’on revient sur le continent. Selon la Confédération africaine de football (CAF), le vainqueur de la Ligue des champions d’Afrique 2009 par exemple a touché un chèque de 950.000 dollars contre 665.000 pour le finaliste malheureux. Les quatre clubs qualifiés pour les demi-finales ont perçu chacun une prime de 427.000 dollars, tandis que les 3e et 4e de chaque poule ont encaissé respectivement 261.000 et 190.000 dollars. L’instance centrale du football africain a également fixé les quotes-parts des fédérations nationales dont les clubs se distinguent dans cette lucrative compétition. Elles oscillent entre 50.000 dollars pour la fédération dont le club remporte le trophée et 10.000 dollars pour celle dont le club termine à la 4e place en phase de poules.

Voilà donc le fossé géant qui existe entre le football, une activité finalement très lucrative, tel qu’il se pratique sur le continent africain et en Europe, véritable terrain qui attire non seulement tous les meilleurs joueurs du monde, mais également les plus gros sponsors. Vivement que la batille remportée par le football africain dans le nombre de places attribué à une phase finale de coupe de monde (passant de deux places en 1990 à cinq aujourd’hui grâce à une bonne prestation des Lions indomptables du Cameroun en Italie), puisse faire tâche d’huile dans le foot business.

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