Pour une meilleure insertion de la femme sur le marché du travail

Le taux d’activité féminin en 2012 était de seulement 24,9%, contre 70,1% pour les hommes. La même année, les femmes ont connu un taux de chômage record de 28 ,2%, celui des hommes étant de 15,4%. Pourtant, à l’université, les filles sont plus nombreuses que les garçons. Cette anomalie a intrigué la communauté des femmes d’affaires tunisiennes, adhérentes à l’UTICA et à la Chambre nationale des femmes d’affaires, qui ont organisé ce matin une table ronde pour analyser ce phénomène.

Souad Triki, l’experte qui a participé à l’élaboration d’une étude intitulée « La réglementation tunisienne et la place des femmes sur le marché de l’emploi en Tunisie » a essayé de déchiffrer les causes de ce contraste. Scrutant l’arsenal juridique national relatif à l’emploi, l’universitaire et experte en genre et développement a relevé plusieurs défaillances. La principale défaillance a été constatée au niveau du Code du Statut personnel qui « malgré ses incontestables avantages, maintient l’homme comme chef de famille et réduit la femme au seul statut de mère-épouse, la discriminant aussi en termes d’héritage ».

Pour ce qui est du Code du travail, Souad Triki a notamment mis en exergue l’article 5 bis qui institue  « le principe de non-discrimination entre l’homme et la femme en ce qui concerne  l’emploi dans tous ses aspects ». Un article exemplaire mais qui se trouve en divergence avec la réalité. En effet, à travail égal, les femmes touchent  des salaires bien inférieurs à ceux de leurs collègues hommes. C’est qu’en Tunisie, l’application de ces lois non discriminatoires n’est garantie par aucune mesure et que « l’employeur dispose d’une liberté totale dans la gestion de son personnel ». Se manifestent alors, en cette phase, tous les comportements discriminatoires d’ordre économique et social corroborés par les préjugés récurrents sur la femme qui n’est pas faite pour des carrières de haut niveau, la femme qui n’ose pas entreprendre, la femme qui ne comprend rien en matière scientifique et technique…

L’assistance, composée entre autres de chefs d’entreprise, d’activistes ou d’universitaires, s’est montrée préoccupée par ce fléau social. Ce qui n’ôte rien à leur détermination de tenter de changer la donne, en s’imposant, en « arrachant leurs places », en persévérant dans le travail et l’excellence et en sensibilisant les jeunes filles, femmes du futur, aux valeurs de l’abnégation, du labeur et de l’égalité homme/femme.

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