Nidaa Touness fête sa première année d’existence: une démonstration de force

C’est dans une salle archicomble que Béji Caïd Essebssi a fait son speech hier au Palais des congrès de Tunis. Une journée portes-ouvertes qui était organisée dans le cadre de la célébration du premier anniversaire de l’initiative Nidaa Tounes, lancée par l’ex-premier ministre. Une occasion aussi de faire « le bilan de ce qui a été réalisé en Tunisie, deux ans après la révolution », comme l’explique le secrétaire général du mouvement, Taieb Baccouche.

« A travers cette réunion nous avons voulu rappeler que la Tunisie, pour sortir de l’impasse, a besoin, aujourd’hui, d’une unité nationale effective basée sur des projets et des programmes clairs sans exclusion. Ennahdha doit comprendre qu’elle ne peut pas gouverner seule. Elle doit comprendre que nous ne sommes pas ses ennemis. Pour nous, ils ne le sont pas. Nous sommes conscients qu’ils sont une force politique incontournable dans le pays,  qu’on ne peut pas évoluer sans Ennahdha, et que, lui aussi, ne peut pas le faire tout seul », a indiqué Béji Caïd Essebssi  au micro de Nessma TV.

C’était un peu le résumé de son discours qui a duré plus d’une heure et qui a brossé, dans un style dont seul BCE a le secret et qui a chauffé la salle, une analyse assez exhaustive de la situation politique dans le pays. Un constat sans appel: le gouvernement a lamentablement échoué dans la concrétisation des promesses faites au peuple tunisien lors de son élection.

Le gouvernement, a-t-il affirmé lors de son discours, « n’a pas réussi à définir une politique bien claire. Le gouvernement n’a pas réussi à lutter contre le chômage, à réduire les disparités régionales, ni à élaborer la constitution. » Pour l’ancien premier ministre, cet échec a conduit le pays à une situation de blocage, dont les conséquences peuvent être dramatiques.

A ce propos, BCE n’a pas été tendre avec le Chef du gouvernement. Répliquant au discours d’Hamadi Jebali, prononcé devant les médias samedi, il a remarqué, dans son style ironique, que le premier ministre aura parlé de « tout, sauf des vrais problèmes. » « J’apprécie le fait qu’il avoue son échec à former un gouvernement. C’est un geste d’humilité louable. On aurait toutefois souhaité qu’il évoque les causes réelles de la situation que vit le pays. »  BCE aurait aimé, à bien comprendre son discours, que le chef du gouvernement démissionne. « C’est le seul moyen pour sortir le pays de l’impasse », explique-t-il .

Pour un équilibre politique

Outre le speech de Béji Caïd Essebssi, qui motivait quelque part le nombre impressionnant des présents, beaucoup de ceux qui avaient fait le déplacement l’ont fait pour bien montrer que Nidaa Tounes est un grand parti et qu’il est la seule force qui peut faire le poids face à Ennahdha, notamment avec « L’union démocratique civile » constitué de Nidaa Touness, El Joumhouri, El Massar et du Parti du Travail Patriotique et Démocratique (PTPD), dont cette réunion a été l’une des premières sorties.

« Nous voulons dire aujourd’hui, en se rassemblant tous ici pour le premier anniversaire de la création de Nidaa Tounes, qu’il y a désormais un équilibre sur la scène politique. Un équilibre qui nous pensons  obligera l’autre partie à accepter le dialogue », a indiqué Abdelrazak Hammami, secrétaire général  du PTPD

Cette façon de concevoir la scène politique, a été longuement reprise lors d’un point de presse, tenu en marge de la journée portes-ouvertes. Taieb Baccouche, a rappelé, dans ce cadre, que le peuple tunisien qui exprime de plus en plus sa déception de l’actuel gouvernement est à la recherche d’une nouvelle alternative. Une alternative que le Tunisien devra trouver dans ce nouveau front en train de se constituer.

 « Espoir », était le mot d’ordre hier lors de cette journée portes-ouvertes. L’espoir qu’avec ce nouveau front, la Tunisie  changera de visage.  Mais à quand cette union dont  on ne cesse de parler,  mais qui tarde à venir? « L’annonce sera faite en février », répond Béji Caïd Essebssi. »

On murmurait hier, à ce sujet, qu’on attendait encore une réponse du Front populaire pour rejoindre cette union électorale. D’ailleurs c’est ce qui expliquerait, dit-on, le retard pris dans l’annonce du programme politique, économique et social de Nidaa Tounes qu’on devait présenter hier;  la réponse de Front populaire retardant la présentation d’un programme commun.

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