Témoignage d’un ambassadeur de France en Tunisie : « Mes années Ben Ali »

Les Tunisiens ont été indignés, voire blessés par la position de la France la veille de la Révolution, et surtout par les déclarations de l’ancienne ministre de l’Intérieur, Michelle Alliot-Marie, qui avait proposé « une aide policière « au régime chancelant de Ben Ali.

Un diplomate français, Yves Aubin de La Messuzière, ancien ambassadeur de France en Tunisie, en a pris acte et a décidé de rompre le silence. Il avait déjà séduit la société civile, en fréquentant les opposants au régime ou encore en ouvrant, pour la première fois en 130 ans, les grilles de sa résidence au public, à une époque où toutes les chancelleries occidentales faisaient fortifier leurs enceintes.

Raspoutine et la mafia  

N’étant plus tenu par le devoir de réserve, l’auteur ne mâche pas ses mots sur les familles mafieuses apparentées au président déchu et à sa sulfureuse épouse. Il décrit l’ambiance de fin de règne, diagnostiquant chez l’autocrate Ben Ali un syndrome iranien, en référence au Chah d’Iran poussé par son peuple vers un exil honteux et qualifie Abdelwahab Abdallah de Raspoutine tunisien.

L’auteur nous fait part  d’une partie  de ce qu’il a toujours su et en partie tu. Toutes les questions sont posées, mais pas toujours les réponses. Tous les protagonistes de la scène politique tunisienne et française sont présents. Et, en annexe, deux télégrammes diplomatiques secrets dont la publication a été exceptionnellement autorisée.

Langue de bois

Ecrit dans un « langage diplomatique », pour ne pas dire en langue de bois, l’ouvrage de l’ex-ambassadeur ne nous révèle pas tout, réserve oblige. Il donne même l’impression d’embellir son rôle de diplomate, et celui de la France, jugée par les Tunisiens complaisante, pour ne pas dire complice avec le régime dictatorial de Ben Ali.

« Mes années Ben Ali » de Yves Aubin de la Messuzière .Editions Cérès, 217 p. Prix: 13DT.

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