Javier Encinas: « La Tunisie peut devenir meilleure que le Royaume-Uni dans plusieurs secteurs »

Invité par l’Ambassade britannique, Javier Encinas, Expert en partenariat public-privé (PPP) à la Trésorerie britannique, a présenté, lors d’un déjeuner-débat organisé, le 23 janvier 2013 à Tunis, l’expertise disponible au Royaume-Uni dans le domaine du PPP.

Ont pris part à cette rencontre, Maya Boureghda, Expert en PPP et partenaire chez JurisMed, club des juristes de banque, Nabil Chahdoura, DGA de la TIB et Président du Cercle des Financiers de Tunisie (CFT), ainsi que d’éminents experts.

Dans un entretien accordé à l’Economiste Maghrébin, Javier Encinas, nous a présentés les problèmes majeurs, auxquels fait face le Royaume-Uni en matière d’investissement.

Il s’agit d’un manque d’investissement au niveau d’infrastructure sociale et de l’entretien de cette infrastructure, un endettement du gouvernement, une passation des marchés traditionnels (dépassement des coûts des travaux publics), ainsi qu’une limitation du budget de l’Etat pour investir dans des projets d’infrastructure…

Afin de résoudre ces problèmes, le partenariat public-privé (PPP) a été un instrument puissant de développement en Royaume-Uni depuis 1987, et ce, à travers la création de la structure PFI (initiative privée financière), visant le développement des projets d’infrastructure et des services.

«Via la PFI, le secteur privé est en charge du financement des projets. Le secteur public échange, de son côté, le service avec le privé», a précisé M. Encinas. Et d’ajouter: « cette structure a pour objectif d’offrir des solutions au secteur privé à travers le secteur public, notamment les besoins et l’innovation… Elle garantit, également, une politique publique claire, un programme d’investissement, un cadre institutionnel et des projets à fort potentiel. »

Optant pour cette solution, le Royaume-Uni a enregistré, de 1987 jusqu’à 2011, 730 contrats de PFI signés, dont plus de 650 projets sont, aujourd’hui, opérationnels. 27 projets ont été signés courant l’année 2011 seulement. La majorité de ces projets ont été couronnés de succès, aux dires de l’expert  britannique. Dans ce cadre, une  étude a été élaborée en 2008, dont les résultats ont démontré que la plupart des usagers et des gestionnaires sont satisfait par les services PFI.

« Mais le succès et la satisfaction ne suffisent pas, il faut que le secteur public soit à la hauteur du secteur privé pour réussir de mieux en mieux leur partenariat», a-t-il estimé, ajoutant que « ce n’est pas le PPP qui va résoudre tous les problèmes d’un pays. Il faut, en fait, déployer les efforts de toutes les parties prenantes. »

« La Tunisie a beaucoup d’atouts mais aussi beaucoup de défis à relever »

En réponse à notre question sur l’avenir de la Tunisie dans le domaine du PPP, Javier Encinas a déclaré que la Tunisie a beaucoup d’atouts à exploiter, mais aussi beaucoup de défis à relever.

Dans cette phase transitoire, « il est favorable de créer l’unité PPP en Tunisie. C’est une unité qui devrait être crédible vis-à-vis du service public. Elle doit être, également, crédible au niveau des capacités techniques», a-t-il martelé.

Elle sera une unité stable pour le développement et la restructuration des projets, tout en palliant beaucoup de faiblesses. Par conséquent, « la Tunisie peut devenir meilleure que le Royaume-Uni dans plusieurs secteurs », a-t-il conclu.

Maya Boureghda

De son côté, Maya Boureghda, a indiqué que la Tunisie a connu des types de PPP depuis assez longtemps, comme les centrales électriques, les raffineries, l’aéroport d’Enfidha…

Néanmoins, ce système a été, selon les bailleurs de fonds, assez limité. Il a été, également, connu en matière d’économie numérique, mais sans réel succès.

« Le PPP pourrait être une solution intéressante en infrastructure.  Pour cette raison, une loi, inspirée des textes européens, sera bientôt promulguée, à vocation de modifier la loi de 2002 », a souligné Maya Boureghda.

Cette nouvelle loi prévoit, selon l’experte tunisienne, une plus grande transparence et permettra au secteur privé de proposer des projets. Elle prévoit, aussi, la création de l’unité PPP.  Cependant, « la Tunisie ne dispose pas encore d’une unité solide pour réussir dans l’application de cette loi, notamment suite au manque notable d’expérience et de compétences en la matière. »

La question se pose alors de savoir comment réussir le partenariat public-privé dans de pareilles conditions?

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