Le nouveau PDG prône la responsabilité sociale pour redresser la CPG-GCT

 

« Le secteur national des phosphates a régressé de 66% durant les deux dernières années ». Dressant le bilan de la Compagnie des phosphates de Gafsa et du Groupe chimique de Gabès, Tahar Khouaja, le nouveau PDG des deux entreprises n’a pas caché la difficulté de sa tâche. Durant sa conférence de presse inaugurale, tenue ce matin au siège de la GCT, le nouveau responsable  a fait le détail de la situation financière fort peu avantageuse. Le chiffre d’affaires, qui a régressé de 2.714 millions de dollars en 2010 à 901 millions de dollars en 2012,  a fait perdre au secteur des phosphates les deux tiers de sa capacité à l’export. « Ce que nous perdons est difficile à récupérer », a-t-il ainsi mis en garde.

Ayant passé l’essentiel de sa carrière au Groupe chimique, cet ingénieur de formation connaît les problèmes du couple CPG-CGT. Premier défi à relever: revoir la politique et la capacité de recrutement. Actuellement, la CPG et le GCT emploient un total de 11.967  ouvriers. Quelque 4.437 autres sont en cours de recrutement. Un vrai problème pour  le nouveau PDG qui estime qu’avec ces nouvelles recrues la capacité des deux entreprises étatiques a atteint ses limites : « on recrute des gens, qui touchent des salaires, mais le problème est comment les faire travailler ?», a-t-il renchéri.

Le nouveau responsable aspire, par ailleurs, au développement durable: «désormais, a-t-il insisté, nous publierons régulièrement les rapports financier, social et environnemental des deux  entreprises ». Transparentes, responsables, productives et écologiques, ce seraient donc les épithètes que Tahar Khouaja voudrait associer aux plus vieilles entreprises du pays. Mais, confronté à maintes reprises aux questionnements des journalistes rappelant la grogne sociale chronique et continue au bassin minier, à Sfax ou encore à Gabès, le PDG avait plutôt l’air perplexe et n’avait d’autre réponse que : « il faut dialoguer ». C’est que pour lui, l’Etat ne peut pas recruter tout le monde, et que le secteur privé devrait seconder les entreprises publiques à recruter les jeunes. Autre formule énoncée par le nouveau manager : « gérer l’entreprise publique avec une mentalité d’un entrepreneur privé ». Une formule qui, selon lui, et si tout le monde y adhère, permettrait à la CPG et au GCT de booster leur productivité et à la Tunisie de retrouver par la suite sa position avancée parmi les plus grands producteurs de phosphate du monde.

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