Activités de solidarité pour soutenir le changement sociétal en Tunisie

Depuis le 14 janvier 2011, la Tunisie s’est engagée dans un processus de transformation profonde. Le potentiel est énorme: le taux d’alphabétisation est élevé, les droits des femmes sont considérés comme assez progressistes, les possibilités pour le développement économique sont prometteuses, l’infrastructure numérique est étendue et la législation environnementale joue, malgré son insuffisance, un rôle précurseur dans le Maghreb.

Il n’est pourtant pas encore garanti qu’une société stable et démocratique se trouve au bout du chemin. Au sentiment libertaire nouvellement obtenu, s’opposent une situation économique extrêmement difficile, et l’absence d’orientations politiques claires. Les difficultés structurelles et économiques liées au changement sont particulièrement marquées dans les régions de l’arrière-pays, éloignées de la capitale, qui ont donné l’impulsion première à la révolution. En raison des pillages, des difficultés de transport, du ralentissement des exportations, des grèves et du manque d’expérience en matière de dialogue social, la productivité et les ventes de nombreuses entreprises ont baissé et sont toujours aussi menacées. De plus, la capacité des collectivités locales à assurer les services publics n’est pas suffisante. Certaines instances communales sont limitées dans leur marge de manœuvre et leurs possibilités d’action.

Parallèlement, d’importantes impulsions politiques partent des régions. Les habitants s’y organisent en comités ou en organisations non-gouvernementales (ONG). Ils disposent cependant de très peu d’expérience pratique en matière de démocratie et d’initiative citoyenne et ont besoin d’appui dans ces domaines. L’augmentation du chômage avec son corollaire négatif sur une situation sécuritaire déjà tendue, le manque de présence des communes et l’absence d’orientations politiques, sont des facteurs qui menacent la transition vers la démocratie. Partant de ce  constat, les bailleurs de fonds bilatéraux, tels que la GIZ (Coopération allemande) et la Coopération suisse pour ne citer qu’eux, ont commencé par appuyer techniquement et financièrement les activités de solidarité, de façon ciblée, l’objectif étant de renforcer les capacités des entreprises, communes et associations dans les régions considérées comme prioritaires à savoir le Centre-ouest (Sidi Bouzid et Kasserine) et le Sud (Médenine). En termes de contenu, elles s’inspirent des expériences des projets existants de la coopération technique en Tunisie.

Promotion de l’emploi et renforcement de la démocratie

En coopération avec les institutions de promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi, ainsi qu’avec des consultants locaux, un conseil sur place est fourni aux créateurs d’entreprises et aux fondateurs d’ONG qui connaissent parfaitement les difficultés dans les territoires où ils sont implantés. L’identification grâce à une méthodologie participative des créneaux porteurs spécifiques aux régions pilotes aident les entrepreneurs et créateurs d’entreprises à repérer et à conquérir des niches de marché avec un potentiel de croissance.

Dans les régions cibles défavorisées, les créateurs d’entreprises, les administrations communales et les organisations non gouvernementales sont conseillés, lors de la mise en œuvre de nouvelles activités, pour la valorisation des déchets et pour l’entretien des espaces de loisir publics.

A travers des formations continues et des conseils, les bailleurs de fonds fournissent aux ONG nouvellement fondées le savoir-faire nécessaire pour organiser leur travail de manière efficace, représenter les intérêts de la population des gouvernorats choisis avec plus de compétence et faire avancer ainsi le processus de démocratisation.

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